Politique belge

Formation initiale des enseignants, fusion UCL-Saint-Louis, cours de citoyenneté… Le travail n’était pas facile entre le PS et le CDH en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ces difficultés ont-elles contribué au choix de Benoît Lutgen de mettre fin aux majorités ?

Oui. Certains dossiers avançaient difficilement, cela impactait notre volonté de progresser, et Benoît Lutgen en était conscient.

Huit jours après son geste, et alors que la crise s’enlise, ne vous arrive-t-il jamais de regretter ce qu’il a fait ?

Ce geste était une proposition qui venait de Benoît Lutgen et qui a été suivie par un bureau politique. On a expliqué pourquoi cela devenait très difficile de travailler avec le PS, aussi bien à cause des affaires que du blocage de certains dossiers. Maintenant, on doit avancer de manière constructive avec ceux qui sont ouverts à la discussion. C’est peut-être aussi le moment de réfléchir la politique autrement. C’est une opportunité.

Sans les socialistes, le CDH sera-t-il plus libre dans sa politique ?

Je le redis, on doit désormais réfléchir autrement. Nous sommes dans un moment politique où on peut se dire que les vieux clivages doivent être dépassés. J’observe d’ailleurs qu’une nouvelle génération en politique est prête à le faire. Si on peut généraliser la méthode que l’on concrétise avec le Pacte, une méthode participative qui ne se borne pas aux clivages politiques, alors on insufflera une nouvelle manière de faire de la politique et on répondra à la demande de toute une nouvelle génération. Cette méthode prend plus de temps mais quand les accords sont là, ils ont plus de poids.

Cette méthode s’accorderait-elle avec la mise en place d’un gouvernement minoritaire en Fédération ?

Je ne me prononce pas là-dessus. Pour l’instant, on travaille avec tous ceux qui ont envie d’avancer.

Néanmoins, pour quand, au plus tard, faut-il une majorité en Fédération ? Avant le 21 juillet ?

Non, car nous pouvons avancer avec le Parlement. Pour la stabilité, c’est mieux d’avoir un gouvernement, mais je ne doute pas que l’on va y arriver, mais que, si cela prend un mois de plus, nous nous en sortirons. A d’autres niveaux de pouvoir, nous avons déjà vu des blocages bien plus longs. Je fais cependant confiance à la responsabilité des différents partis.

Faut-il profiter de ce momentum politique pour revoir profondément le fonctionnement de la Fédération ? Ecolo propose notamment que les ministres de la Fédération soient issus des gouvernements régionaux ? Est-ce pour vous une bonne idée ?

Oui. Si ce n’est Jean-Claude Marcourt qui était aussi ministre régional, il n’y avait pas de ministre issu du gouvernement bruxellois lors de cette législature. Il faudra favoriser ce système de double casquette, il permet des ponts réels entre les différents gouvernements. Il y a là une réelle plus-value. Je pense que, dans l’immédiat, on peut imaginer plus de doubles casquettes et réfléchir ensuite à une refonte en profondeur de l’organisation de la Fédération.


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