Politique belge

L'ex-secrétaire d'Etat Theo Francken crie à la cabale politique jeudi soir, dénonçant notamment la volte-face de ses ex-partenaires CD&V et MR dans l'affaire des visas humanitaire. Si cela se représentait, il mènerait la même politique, assure-t-il. Il regrette juste avoir été abusé par Kucam Melikan, conseiller communal N-VA de Malines, soupçonné de trafic d'être humains alors qu'il agissait comme intermédiaire dans le cadre de la politique discrétionnaire de M. Francken de délivrance de visas humanitaires à des chrétiens de Syrie.

"Je recommencerais exactement de la même façon", a répliqué jeudi soir sur la télévision régionale du Brabant flamand ROB-tv l'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, interrogé sur sa politique d'octroi de visas humanitaires. Theo Francken se limite à regretter que cet intermédiaire, Kucam Melikan, a abusé de sa confiance et de celle de nombreux chrétiens qui l'accusent de les avoir extorqués. "Cela n'a jamais été mon intention et cela n'a certainement pas été ma requête", a indiqué Theo Francken.

L'ex-secrétaire d'Etat s'est retrouvé jeudi au coeur des critiques de la quasi-totalité de l'hémicycle à la Chambre, à l'exception notoire de son propre groupe N-VA, qui s'est tu dans toutes les langues.

"Je suis le politicien le plus populaire du pays, il est donc acquis que je doive tomber et que je tomberai, ils ont flairé l'odeur du sang. Ils tenteront encore de me faire tomber mais j'ai les épaules solides", a-t-il répondu.

Plusieurs députés ont suggéré jeudi que la N-VA a préféré quitter le gouvernement, en prétextant le pacte de Marrakech, sentant venir cette affaire des visas. "Trop fou pour être vrai", a commenté Theo Francken.

L'ex-secrétaire d'Etat s'en prend notamment à ses ex-partenaires de la majorité, singulièrement le CD&V et le MR. Il souligne qu'il est "très facile" de formuler des critiques après "n'avoir rien dit pendant quatre ans et demi, contrairement à ce qu'affirme (la députée) Lanjri (CD&V)". Au sein du gouvernement, il n'y a jamais eu de critiques sur la politique de visas humanitaires, "au contraire", poursuit-il. "Le MR, le ministre Reynders, les Affaires étrangères..., tous étaient tout à fait au courant. Nous avons organisé une conférence de presse, côte à côte, lors du sauvetage des personnes d'Alep, or aujourd'hui, ce sont ces mêmes partis qui me plantent un couteau dans le dos", dénonce-t-il.

Enfin, l'avocat de Kucam Melikan a affirmé jeudi que dès le mois de juillet son client avait communiqué au cabinet Francken avoir appris que des flux financiers transitaient par des passeurs et des agences de voyage, chargés d'acheminer les personnes concernées de la Syrie vers le Liban. "Cela n'est pas correct", a réagi jeudi soir Theo Francken après avoir contacté les collaborateurs de son ancien cabinet.