Politique belge

L'ex-secretaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), a qualifié dimanche de "règlement de compte politique" l'affaire de vente de visas humanitaires à laquelle son nom est associé, en dénonçant la "soif de sang" de ses détracteurs sur la chaîne de télévision flamande VTM. Il a également récusé sur la chaîne francophone RTL-TVI tout clientélisme de la part de son parti. "On a sauvé des dizaines, des milliers de moslims (musulmans", ndlr)", a déclaré le bourgmestre de Lubbeek (Brabant flamand).

M. Francken est sous le feu des critiques depuis l'arrestation mardi d'un conseiller communal N-VA de Malines, Melikan Kucam, suspecté d'avoir reçu d'importantes sommes d'argent pour permettre à des habitants de zones de conflit en Syrie, en Irak ainsi que dans des pays frontaliers de voyager en Belgique avec un visa humanitaire. Au moment des faits, M. Francken était encore secrétaire d'Etat au sein du gouvernement fédéral et M. Kucam a agi comme intermédiaire avec le cabinet de M. Francken.

Selon les chiffres de l'Office des étrangers, 600 personnes sont arrivées en Belgique par ce biais, dont 200 par l'intermédiaire de Melikan Kucam, un conseiller communal N-VA de Malines ciblé par une enquête judiciaire pour trafic d'êtres humains.

Lors de l'émission De Zevende Dag de la VRT, il a répété condamner les pratiques éventuelles douteuses du conseiller communal - dont l'avocat, Me Franck Coel a assuré sur RTL qu'il n'avait "jamais demandé de l'argent" pour faciliter l'arrivée de chrétiens bénéficiaires de visas humanitaires.

M. Francken a assuré que le recours à des "corridors humanitaires" était la seule option pour "sauver des chrétiens des mains de IS (le groupe djihadiste Etat islamique, ndlr), des barbares, des terroristes qui ont fait les atrocies (sic) incroyables". "Je défends cette politique à 100%", a-t-il ajouté.

L'ex-secrétaire d'Etat a aussi riposté en affirmant que les critiques dont il a fait l'objet au cours des derniers jours reflétait un "règlement de compte politique", dénonçant la "soif de sang" de ses détracteurs. "Cela ne sert qu'un agenda politique", a-t-il lors de l'émission De Zevende Dag.

Le président de la N-VA et bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever, a pour sa part souligné sur le plateau de VTM que le but de ces manœuvres était d'affaiblir M. Francken à l'approche des élections générales du 26 mai prochain.