Politique belge

La prochaine campagne électorale ne doit pas porter sur une nouvelle réforme de l'Etat, affirme le vice-Premier ministre CD&V Steven Vanackere, dans un entretien au Soir.

Mais il appelle les francophones à ne pas mettre des bâtons dans les roues de la réforme institutionnelle en cours. "Pour mon parti, l'exécution de la sixième réforme est cruciale, il faut se concentrer là-dessus. Avec loyauté, sans volonté de cacher quoi que ce soit, ou de tromper qui que ce soit. Si on y arrive, nous avons la conviction que la campagne ne doit pas porter sur une nouvelle réforme de l'Etat", déclare-t-il.

"Il ne faut pas sous-estimer ce qui se passe", ajoute Steven Vanackere, qui dit s'être "battu, dans (son) parti, pour qu'on ait cette approche".

"En Flandre, à un moment donné, on s'est sentis trompés, pas respectés. On avançait des propositions. Mais on n'a pas réussi à trouver le compromis à la belge qui veut que, quand une Communauté demande quelque chose, l'autre écoute, demande aussi quelque chose, on négocie et on arrive à un accord. Là, on a essuyé un rejet et cela a créé un climat très nuisible en Flandre. Il faut revenir au grand compromis belge", détaille-t-il.

Les francophones doivent "saisir cette chance", estime-t-il. "Ce qu'on dit, c'est qu'on veut voir une volonté d'exécuter loyalement et rapidement la réforme de l'Etat. Si on a ça, ça va calmer une partie de l'opinion publique flamande qui a été très déçue par le passé".

Mais "si quelqu'un met des bâtons dans les roues de ce processus, il va jouer avec l'avenir du pays".

Vanackere veut allonger les carrières sous cette législature

Steven Vanackere appelle également à un nouvel allongement des carrières avant les prochaines élections, en plus de la réforme des pensions adoptée en début de législature.

"Il faut encore allonger la durée de la carrière. Paul McCartney chantait 'Will you still need me when I'm 64'. Moi je voudrais qu'il chante 'Auras-tu encore besoin de moi quand j'aurai 80 ans'. Le Belge a gagné 15 ans d'espérance de vie et la durée de la carrière n'a presque pas bougé", explique-t-il, notant que "les Belges travaillent quatre ans de moins que la moyenne européenne.

"Pour moi, il faut avancer encore sous cette législature, ou en tout cas augmenter la carrière de deux ans tous les 30 mois. A ceux qui demandent des efforts budgétaires je dis d'accord, mais il faut d'abord rendre la confiance et faire des réformes", ajoute le ministre des Finances.

Magnette : "Ne retombons pas dans les vieilles recettes injustes et inefficace"

Le président du PS, Paul Magnette, s'est distancié de la position prise par le vice-Premier ministre. "L'allongement de la vie est un vrai défi qui mérite de vraies solutions", a-t-il réagi sur Twitter. "Ne retombons pas dans les vieilles recettes qui seraient injustes et inefficaces".

Van Biesen s'en prend à nouveau au ministre Vanackere

Pour la deuxième semaine d'affilée, le député Open Vld Luk Van Biesen a manifesté son mécontentement devant les réponses du ministre des Finances Steven Vanackere. "Vous avez un avis sur tout mais quand on vous interroge sur des points de votre compétence, vous n'avez quasi rien à dire", a-t-il lancé jeudi à la Chambre. La semaine dernière, le libéral flamand avait déjà manifesté son mécontentent après la réponse de M. Vanackere sur l'accord en négociation entre Belfius et le Mouvement ouvrier Chrétien à propos de parts bénéficiaires détenues par celui-ci.

M. Vanackere s'était refusé à faire des commentaires en partant du principe que le politique ne doit pas trop se mêler de ce genre de décision. Cette semaine, M. Van Biesen a remis le couvert en interrogeant le ministre sur l'offre de Belfius Insurance auprès d'Arco pour des parts d'Elia. Le ministre a confirmé certains éléments mais a ajouté que le politique ne doit pas se mêler de ce genre de transaction. Luk Van Biesen a une nouvelle manifesté sa mauvaise humeur. Il a rappelé que Belfius est à 100% la propriété de l'Etat.

"Vous avez un avis sur tout, par exemple sur les pensions ou sur la réforme de l'Etat. Mais sur les compétences qui sont les vôtres vous n'avez quasi rien à dire", a lancé le député. Dans le débat autour des déclarations de Didier Bellens, Roel Deseyn (CD&V) a appelé le partenaire de la coalition à la loyauté. "Bellens et le gouvernement c'est un peu 'Je t'aime, moi non plus', comme l'Open Vld et le gouvernement".