Politique belge

Et si Elio Di Rupo s’effaçait au profit de Johan Vande Lanotte ? Ce qui paraissait encore invraisemblable il y a deux mois ne l’est plus aujourd’hui. C’est que son étoile ne cesse de pâlir en Flandre. L’hypothèse n’est pas émise par le premier venu mais par notre confrère Luc Van der Kelen, le commentateur politique du "Laatste Nieuws". Contrairement à bien d’autres journalistes, il connaît le monde politique francophone qu’il sonde avec beaucoup de considération et son jugement n’est certainement pas à l’emporte-pièce : "Plus le temps passe, plus il sera difficile pour M. Di Rupo de se glisser dans l’habit de Premier ministre. Je pense de fait que l’état de grâce est passé pour lui dans l’opinion flamande. L’on ne manquerait pas de se focaliser en permanence sur lui pour dénoncer sa connaissance approximative du néerlandais ou pour rappeler que son équipe n’a pas de majorité en Flandre."

Pour Van der Kelen, " il faut donc envisager autre chose car Elio doute trop de lui et dans son entourage il ne manque pas de gens pour lui déconseiller d’aller jusqu’au bout. D’autant plus qu’il devrait prendre des mesures antipathiques pour son propre camp".

Le journaliste politique flamand ne nie pas qu’il demeure une sympathie certaine à son égard au nord du pays mais il ne croit plus qu’il continuera à cartonner, par exemple, au baromètre de popularité comme ce fut le cas notamment lors du dernier réalisé par "La Libre Belgique".

"Non, je crains que la critique soit sans pitié à son égard. Il y a aussi l’élément de sa vie privée à la protection de laquelle il tient tellement. Connaissant nos médias, il n’est absolument pas certain qu’on le suivra dans ses demandes."

Bref, pour Luc Van der Kelen, l’heure est peut-être de se demander s’il ne faut pas chercher un autre candidat Premier ministre. Et là, il pense - et il semble qu’il ne soit pas le seul dans ce cas - à Johan Vande Lanotte.

"Les Flamands l’accepteraient certainement. C’est un homme de consensus auquel on ne connaît pas beaucoup de disputes et en outre, on a déjà pu constater qu’il pouvait mettre les mains dans le cambouis lorsque c’était nécessaire. En outre, de par son passé, il jouit d’une crédibilité certaine y compris auprès des socialistes francophones. Enfin, l’on n’est pas loin de considérer que le SP.A est de plus en plus un parti de centre-gauche !"

Mais lorsqu’on lui souffle qu’il y a peut-être d’autres PS susceptibles de monter au créneau, Luc Van der Kelen rugit. "Paul Magnette ne serait pas accepté car il manque d’expérience et son action comme ministre de l’Energie est trop légère. Quant à Laurette Onkelinx, elle est encore plus à gauche que Di Rupo !"