Politique belge Pour la première fois, le vice-Premier CDH l’admet de vive voix. Et mord Joëlle Milquet…

La rumeur prend forme. Melchior Wathelet, vice-Premier ministre CDH, pourrait quitter la politique. "J’y songe sérieusement, en tout cas", déclare-t-il dans "Le Vif" de ce jeudi. Son nom a circulé durant l’été du côté de l’opérateur gazier Fluxys. Sans suite. "Disons que j’élargis mes perspectives", dit-il, cachant à peine ses intentions…

Une source fiable nous confiait récemment que le Verviétois avait déjà reçu plusieurs propositions concrètes du secteur privé. Le grand départ n’est peut-être plus qu’une question de semaines. Cela dit, que le CDH se rassure, si M. Wathelet confirme avoir reçu des propositions d’autres formations politiques - du MR, selon certaines rumeurs - il dit avoir "le sentiment d’être un vrai centriste". Pas question donc de virer de bord.

C’est la première fois qu’il s’exprime ainsi sur son avenir personnel. Sa carrière, en progression constante jusque-là, a connu un sacré coup d’arrêt à cause du tumulte provoqué par le "plan Wathelet" sur le survol de Bruxelles, qui a littéralement pourri la campagne électorale du CDH dans la Région. Beaucoup d’humanistes ont reproché à celui qui était alors secrétaire d’Etat en charge de la Mobilité de s’être borné à ne pas vouloir modifier le plan. Ou, en tout cas, beaucoup trop tard.

Melchior Wathelet répète sa défense dans "Le Vif". Il dit avoir simplement exécuté fidèlement un plan négocié sous le précédent gouvernement (PS, MR, VLD, CDH, CD&V) par son prédécesseur Etienne Schouppe et "cinq vice-Premiers bruxellois" - Onkelinx, Reynders (qui était en fait encore liégeois), Milquet, Vanhengel et Vanackere.

"Ça me va loin"

Mais au-delà des attaques des citoyens et des adversaires politiques, le coup de grâce a surtout été donné en interne, où des critiques parfois violentes ont été entendues. Notamment de la part de sa vice-Première de l’époque, Joëlle Milquet. Cette dernière a même eu cette phrase assassine le soir des élections : "Sans l’erreur de Melchior Wathelet […], on partait gagnant."

"Je ne vous cache pas que la phrase de Joëlle Milquet […] ne correspond pas à l’idée que je me fais d’un travail en équipe, réagit-il aujourd’hui. Je sais que la campagne des Bruxellois a été difficile et aujourd’hui, certains m’en veulent toujours. Mais dire, comme Joëlle Milquet, qu’on n’est en rien responsable des conséquences d’un accord qu’on a soi-même négocié, ça me va loin…"

Melchior Wathelet regrette également l'attitude de Didier Reynders. "Quand j’ai vu que Didier Reynders se désolidarisait, j’ai compris que j’étais cuit. C’est ce qu’on appelle le non-respect de la parole donnée. Que le FDF ou Écolo m’attaquent, ma foi, ils sont dans l’opposition et c’est de bonne guerre. Mais de la part de ceux qui ont signé l’accord, c’est inacceptable. […] Elio (Di Rupo) et Laurette (Onkelinx) ont été corrects. Peut-être n’avaient-ils pas intérêt, électoralement parlant, à s’impliquer dans ce dossier."

Dans l'entretien, le politique évoque également le harcèlement auquel ses proches et lui ont dû faire face. "Les militants de Pas Question s’en sont pris à ma famille dont certains ont dû couper leur ligne de téléphone tant ils étaient harcelés. Même quand je m’occupais de l’immigration - dossier hypersensible sur le plan humain -, je n’ai jamais vu cela."