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RÉVÉLATRICE, L'ENQUÊTE MENÉE PAR TEST-ACHATS

et publiée dans le numéro octobre-novembre de Test Santé: en Belgique, le suicide est la première cause de mortalité chez les hommes de 25 à 45 ans et la deuxième chez les 15-25 ans.

Une enquête réalisée dans quatre pays (Belgique, Italie, Portugal et Espagne) auprès de 13356 personnes dont 2034 Belges. 19 pc de ces derniers ont pensé au suicide au cours de l'année écoulée et 42pc de ceux-ci n'en ont jamais parlé à personne alors que seules 20 pc des personnes interrogées ont fait appel à un soutien professionnel, psychologue, psychiatre ou médecin généraliste. Le suicide resterait-il un tabou? Relire ces deux, trois chiffres donne une réponse à la question.

Continuons d'ailleurs avec ces chiffres. 10 pc des Belges interrogés ont déjà fait au moins une tentative de suicide. Parmi celles-ci 32 pc ont déclaré ne pas avoir fait appel à un professionnel de la santé après leur tentative. Inquiétant. L'envie sérieuse de se donner la mort est pour le moins une situation de crise qui appelle, selon Test Santé, un traitement psychologique court et intensif. En effet, parmi les moins de 25 pc de suicidaires qui ont suivi une psychothérapie, 70 pc ont arrêté ce traitement au bout d'un certain temps parce que les idées suicidaires avaient disparu.

L'enquête s'attarde également sur les nombreuses fausses idées et préjugés qui entourent l'acte tabou. Autant de freins à une bonne compréhension et une bonne prévention du suicide. Ainsi, pour 51 pc des personnes interrogées, ces tentatives de se donner la mort ont principalement pour but d'attirer l'attention. Une idée bien ancrée qui tend à minimiser la portée du geste. Pour Test Santé, «toutes les tentatives de suicide doivent être prises au sérieux.» Pour 45pc des interviewés, les personnes qui disent qu'elles vont se suicider passent rarement à l'acte.

Des études scientifiques ont pourtant démontré que sur dix personnes tentant de se suicider, huit donnent l'un ou l'autre signal auparavant. Enfin, pour 45pc des répondants, une personne qui a eu un jour des idées suicidaires continuera à en avoir toute sa vie. Une fatalité, en somme. Pourtant comme déjà écrit plus haut, et attesté par des études scientifiques et l'expérience clinique, une bonne partie des personnes qui suivent une psychothérapie après une tentative de suicide se débarrassent définitivement de leur idée de mourir.

Le magazine plaide donc pour plus de prévention et de suivi. Avoir des penchants suicidaires est un problème complexe «que les amis et la famille ne doivent pas se sentir obligés d'endosser seuls». Il y a des professionnels qui sont mieux placés pour traiter le problème. Est-ce à dire que les proches doivent s'en désintéresser? Non, évidemment mais leur rôle idéal ressort plus de la «prévention primaire», à savoir détecter les signaux d'alerte et faire appel à temps aux professionnels de la santé.

© La Libre Belgique 2003