Sciences - Santé

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé mercredi qu'il mettait fin à toute recherche médicale dans les centres fédéraux sur les tissus fœtaux issus d'avortements, accédant à une revendication majeure des militants anti-IVG aux Etats-Unis. Le département de la Santé a annoncé dans un communiqué que plus aucun chercheur des Instituts nationaux de santé (NIH) ne pourrait travailler sur ce type de tissus. "Promouvoir la dignité de la vie humaine de la conception jusqu'à la mort naturelle est l'une des premières priorités de l'administration du président Trump", a indiqué le ministère.

En outre, l'administration a indiqué qu'elle ne renouvellerait pas le contrat de financement public, d'un montant de deux millions de dollars par an, passé en 2013 avec l'université de Californie à San Francisco (UCSF) pour des travaux de recherche sur les tissus fœtaux. Ceux-ci sont utilisés pour développer de nouveaux traitements contre le VIH, le virus qui cause le sida.

L'UCSF utilise notamment des souris dans lesquelles les chercheurs implantent du tissu fœtal pour créer un système immunitaire proche de celui de l'homme et tester des anticorps potentiels contre le virus.

Les projets de recherche financés par des fonds publics dans d'autres universités ou centres de recherche ne seront pas exclus systématiquement, mais seront désormais soumis à un nouvelle procédure impliquant un comité d'éthique consultatif.

La décision a été saluée par les opposants au droit à l'avortement, qui assurent que ce type de recherche est immoral et pourrait encourager les femmes à avorter.

La décision du gouvernement intervient après le vote dans plusieurs Etats conservateurs de lois très restrictives sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG). L'objectif est de ramener cette question sensible devant la Cour suprême, qui avait légalisé l'avortement en 1973, en espérant un revirement des juges de la Cour où les conservateurs ont désormais la majorité.

Donald Trump, un opposant déclaré à l'avortement, veut également mobiliser sa base électorale fortement opposée à l'IVG alors qu'il briguera un second mandat en 2020.