Sciences - Santé

Est-il opportun, ou non, de créer des cliniques de fin de vie ? Il n’y a pas davantage d’avis unanime au sein du comité de bioéthique sur cette deuxième question.

Oui, répondent certains membres, si les conditions visées par la loi sont réunies (demande du patient; maladie incurable; souffrances insupportables…) et par analogie avec d’autres structures spécialisées (les plannings familiaux). Ils ne sont donc pas opposés à la création de lieux spécialisés, ce qui permettrait à chaque patient entrant dans les critères légaux d’accéder à un environnement médical qui n’est pas, idéologiquement, contre le principe de l’euthanasie.

D’autres membres plaident plutôt pour des équipes de soutien aux médecins consultés (des "cliniques" mobiles), externes aux institutions, et qui pourraient intervenir en cas de refus des établissements à l’issue de la procédure d’examen de la demande.

Pas de "devoir de mourir"

Pour d’autres membres, enfin, c’est carrément non aux cliniques de fins de vie, dont l’existence même entraînerait une trop forte pression sur les personnes plus vulnérables qui accepteraient "un devoir de mourir" . Autre motif de refus : toute institution doit offrir des soins définis dans toute leur variété, sans viser exclusivement les actes médicaux d’euthanasie. L’argent public qui y serait investi serait mieux employé au bénéfice des prises en charge de fin de vie et des campagnes d’information des citoyens sur les modalités d’application de la loi dépénalisant l’euthanasie.

Cela étant posé, le comité est unanime sur un point : une (hypothétique) clinique de fin de vie ne pourrait imposer la pratique "obligatoire" , routinière et désengagée de l’euthanasie. Pas question de créer de nouveaux mouroirs. Elle ne pourrait pas davantage être le lieu de transfert automatique, dans le cadre d’un protocole, de patients en provenance d’institutions où on refuse de pratiquer l’euthanasie.