Sciences - Santé

Pour la première fois en Belgique, des médecins de l'UZ Gent ont réalisé avec succès une greffe d'utérus, ce qui devrait permettre à la femme qui en a bénéficié de tout de même tomber enceinte malgré un trouble génétique.

Elle devra cependant passer par une fécondation in vitro. L'intervention s'est déroulée sans problème et la patiente se porte bien, indique lundi l'hôpital gantois, qui est le dixième centre dans le monde à réaliser une telle opération. L'utérus d'une donneuse d'organes en état de mort cérébrale a été transplanté lors de cette opération. La femme qui en a bénéficié est atteinte du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser, qui se caractérise par l'absence congénitale totale ou partielle de vagin et d'un utérus sous-développé ou inexistant, mais aussi par la présence d'un ou de deux ovaires. Chaque année, environ quinze enfants affectés naissent en Belgique.

Les médecins doivent désormais s'assurer que l'organe ne sera pas rejeté par des médicaments. "Cette médication est nécessaire : l'organisme perçoit en effet l'utérus greffé comme un intrus contre lequel il doit se défendre", explique le Pr Steven Weyers, gynécologue et chercheur principal de l'étude. La médication protège l'utérus contre un rejet et veille à ce qu'il continue à fonctionner correctement. Si de graves symptômes de rejet ou des complications surviennent malgré tout, l'utérus peut à nouveau être retiré en extrême urgence et sans conséquence.

Sans complications, la patiente pourra ensuite tomber enceinte d'ici un an au plus tôt. La greffe n'est cependant pas permanente. Lorsqu'une grossesse a abouti à une naissance, l'utérus doit en effet être retiré car la médication antirejet présente des risques toxiques à long terme.