Sciences - Santé

Les générations de pilules: quelles différences et quels risques? Quel est le rôle de la flore vaginale? A quel moment les femmes sont-elles fertiles? Que se passe-t-il dans mon corps à la ménopause? Quelles sont les solutions en cas d'infertilité? Maux de ventre, douleurs dans les seins, crampes, nausées…, quelle est l'origine de ces désagréables symptômes physiques et/ou psychologiques, liés au syndrome prémenstruel?

A toutes ces questions que se posent les femmes à chaque étape de leur vie, des réponses ont été apportées par des médecins spécialistes, et rassemblées sur un site web (www.gynandco.be), lancé lundi, à l'initiative de la firme liégeoise Mithra Pharmaceuticals. Cette nouvelle plate-forme, Gyn&Co se présente comme un outil pédagogique, exclusivement consacré à la santé féminine, un partenaire pour les patientes et les professionnels. On y trouve des articles, accessibles et validés par des médecins, un glossaire, des illustrations, des liens vers des contenus externes, mais aussi des animations, des vidéos, avec témoignages de femmes et interviews de spécialistes… Le site se veut également interactif et les internautes sont invité(e)s à poser "en toute intimité" les questions souhaitées, auxquelles les professionnels sont censés répondre dans les 72 heures

"Nous nous adressons à toutes les femmes, quelle que soit l'étape de la vie qu'elles traversent, expliquent Julie Dessart, responsable du projet Gyn&Co. Nous traitons des thématiques de santé féminine avec une approche plus gynécologique, mais nous faisons intervenir des spécialistes de tous horizons. Il est difficile en effet, de parler de ménopause sans avoir l'avis d'un psychologue ou de cancer et de reconstruction mammaire sans avoir celui d'un chirurgien esthétique." D'où le nom, Gyn&Co, pour gynécologues et compagnie, en l'occurrence l'ensemble des spécialistes de la santé féminine.

Pourquoi cette initiative?

Parce qu'un Belge sur deux s'informe sur sa santé via Internet, d'après une enquête menée par Solidaris (S'informer, c'est la santé, 2914). Mais aussi parce que 93 % des médecins généralistes souhaitent une meilleure information préalable de leurs patients afin qu'ils puissent mieux interagir et faciliter la communication, toujours selon la même étude. Or, on sait que les informations fiables dans le domaine de la santé ne sont pas forcément légion sur la toile.

Jusqu'à présent, 18 professionnels de la santé, médecins travaillant en hôpital ou en cabinet privé, ont apporté leur contribution à Gyn&Co. Bien que figure sur la page de garde la mention "By Mithra", la firme pharmaceutique s'est engagée à ne générer aucune publicité commerciale sur le site et à ne pas orienter l'information dans les quatre sphères thérapeutiques qui sont les siennes: fertilité et contraception, ménopause et ostéoporose, infections gynécologiques et cancers féminins. "Pour rester crédible vis-à-vis de la patiente, la neutralité est indispensable", a-t-on souligné lors de la présentation.

Perçues comme "la somme de leurs organes féminins"

Agées de 16 à 68 ans, 870 femmes ont participé, en Belgique, en France, en Allemagne et au Brésil à une enquête quantitative menée en 2015 par la firme liégeoise. Des quelque 40000 messages recueillis à cette occasion en l'espace de trois semaines, il ressort que les femmes ont une impression négative de leur parcours de santé, souvent associé à un éventail de problèmes récurrents. Qu'il s'agisse de migraines, de douleurs menstruelles, d'infections urinaires… Les femmes sont désireuses d'une approche plus holistique de leur santé, où l'on prend en compte le bien-être physique, mais aussi moral. Lorsqu'elles abordent leur relation avec les professionnels de la santé, elles déplorent être parfois perçues comme "la somme de leurs organes féminins".

De cette enquête, il apparaît aussi qu'elles souhaitent des conseils personnalisés et aimeraient savoir à quoi s'attendre à chaque étape de leur vie, comment leur corps va changer, par exemple. "Elles pensent ainsi qu'une pratique positive et proactive de gestion de leur santé pourrait leur redonner un sentiment de contrôle et d'équilibre", commente Manuel Fontaine, chargé des relations publiques de Mithra Pharmaceuticals. Leur priorité numéro 1, et ce, quels que soient les groupes d'âge et les pays sondés ? Savoir vieillir en bonne santé. Autres préoccupations typiquement féminines le plus souvent citées: les problèmes de sommeil, la maternité, la ménopause, la grossesse, le cancer du sein, les douleurs prémenstruelles et l'hygiène intime. "C'est parce qu'elles ressentent leur histoire personnelle comme un parcours rempli d'essais et d'erreurs, note encore Manuel Fontaine, que les patientes montrent un intérêt très fort pour les conseils qui améliorent leur qualité de vie".