Sciences - Santé

L’écrivain Patrick Declerck raconte dans une pièce de théâtre son opération d’une tumeur au cerveau. Il a subi une “chirurgie éveillée”. Où le patient doit rester conscient et actif pour aider le chirurgien à localiser les zones à traiter. Témoignage recueilli par Sophie Devillers.

Sous la forme d’un creux visible sous la peau de son crâne nu, Patrick Declerck, 65 ans, garde les stigmates de cette opération de 2013, lorsqu’on lui a enlevé au cerveau une tumeur de la taille "d’une tomate qui aurait fait un peu de muscu". "C’est très solide, mais c’est profond, parce qu’on enlève une partie du crâne, véritablement" , explique-t-il à propos de la cicatrice de ce "volet osseux", une "porte" crânienne que le chirurgien a ouverte, ôtée puis replacée. Puis, avec un sourire sarcastique, l’écrivain belge naturalisé français et éduqué en anglais enchaîne : "Ça rejoignait bien mes obsessions shakespeariennes. Hamlet , en particulier. À l’acte V, on est en quelque sorte dans le crâne de Yorick, tenu par Hamlet. Je me le disais vraiment sur la table d’opération : ‘Je suis en train de faire du Hamlet, là !’ En fait, j’étais ravi de vivre cette expérience. Et si cela devait être ma dernière, je trouvais que cela avait une certaine gueule..."

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