Sciences - Santé En Belgique, un jeune sur cinq dit ne pas avoir utilisé de moyen contraceptif lors de son dernier rapport sexuel, avec parfois à la clé les conséquences non désirées que l’on peut imaginer. Bien que le chiffre reste stable, les deux tiers des grossesses qui surviennent chez les jeunes filles de moins de 20 ans résultent d’un échec contraceptif, principalement la déchirure du préservatif ou l’oubli de la pilule. Parmi les adolescentes âgées entre 15 et 22 ans sexuellement actives, une sur trois déclare avoir déjà eu recours à la pilule du lendemain.

Sans grande surprise, les études semblent montrer que les garçons se sentent moins concernés que les filles par les risques de grossesse.

Une éducation encore à faire

Indispensable à l’épanouissement personnel des jeunes et à la promotion de comportements respectueux de soi et des autres, l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras) paraît aujourd’hui encore bien d’actualité, à lire tous ces constats. Elle fait d’ailleurs partie intégrante des missions de l’école depuis l’année scolaire 2012-2013.

Enjeu de santé public, l’Evras constitue un outil pour promouvoir l’utilisation de moyens contraceptifs, l’esprit critique vis-à-vis des modèles de comportements stéréotypés ou encore la prévention des grossesses non désirées et des maladies sexuellement transmissibles.

Au 1er septembre 2013, une dizaine de points d’appui Evras seront ainsi créés en Wallonie et à Bruxelles, en soutien aux écoles et à leurs partenaires. (Voir ci-dessous)

Comment cela va-t-il se passer concrètement ?

"Avec sa collègue de l’Enseignement obligatoire, la ministre de la Santé, Fadila Laanan, informera les acteurs de leur secteur, les écoles, les centres PMS et les services PSE (promotion de la santé à l’école) de l’existence de ce nouveau dispositif, nous dit-on au cabinet de la ministre. De manière générale, les études indiquent que ce sont les jeunes gens les plus précarisés, sur le plan social et scolaire, qui bénéficient le moins des animations Evras. Aussi, pendant les deux premières années, les points d’appui soutiendront la généralisation de l’Evras pour les écoles secondaires avec une priorité sur l’enseignement professionnel, technique, CEFA, spécialisé, en internat. Ce public est en effet exposé plus que les autres à des lacunes de prévention en matière de santé, à des grossesses précoces ou encore, au sexisme et à l’homophobie".

Concrètement, les points d’appui Evras mettront à disposition des écoles des ressources (outils pédagogiques et méthodologiques, campagnes, répertoires, formations, animations, etc.) ; ils sensibiliseront et encourageront la mise en œuvre de l’Evras dans les écoles via la mise en œuvre d’une concertation entre les acteurs impliqués, l’organisation de rencontres et de formations spécifiques en fonction des attentes formulées ; ils réaliseront un état des lieux périodique des ressources et des besoins des écoles secondaires. Un budget de 227 300 euros leur est alloué.L. D.