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Certains se disent matheux, d'autres pas. Mais lorsqu'une personne affirme que son « cerveau n'est pas fait pour les maths », Miles Kimball et Noah Smith s'énervent. Tous deux professeurs, l'un en économie, l'autre en finances, ils s'insurgent contre cette « idée fausse et dangereuse qui pénalise les enfants les moins favorisés dans leur parcours scolaire et académique », dans une tribune publiée sur le site américain Quartz.

Ayant enseigné les mathématiques durant plusieurs années, les deux professeurs se sont appuyés sur quatre observations pour construire leur argumentaire:

  1. Au cours de mathématique, on retrouve des enfants différents et préparés différemment. On remarque que certains parents les ont drillés en math depuis leur plus jeune âge, d'autres pas.

  2. Lors des premiers tests, les enfants qui ont été bien préparés obtiennent des notes parfaites, les autres, en se débrouillant, réussissent 80 à 85% des exercices.

  3. Ensuite, les enfants non-préparés (qui ne savent pas non plus que les autres ont été drillés par leurs parents) en déduisent que c'est la génétique qui fait toute la différence. Ils estiment donc ne pas être faits pour les maths et ne réalisent plus beaucoup d'efforts. Le retard s'accumule.

  4. A l'inverse, les enfants préparés pensent alors qu'ils sont « matheux » et se mettent davantage à l'ouvrage, de quoi cultiver leur avance.

«Croire que vous n’êtes pas fait pour les maths relève de l’auto-sabotage», expliquent les deux universitaires. Selon eux, la bosse des maths ne serait donc pas inscrite dans nos gênes. Que ceux qui utilisaient cette croyance comme excuse l'oublient, même si bien entendu, une part de génétique est nécessaire pour atteindre le niveau d'Albert Einstein. Mais pour réussir à l'école, ils prônent donc plutôt « le travail et l'effort personnel ».