Sciences - Santé

Les dépenses consenties par l’assurance-maladie pour la consommation des médicaments chez les enfants et les jeunes a augmenté en moyenne de 9,8 % par an entre 2004 et 2009. Ce chiffre ressort d’une réponse écrite livrée récemment par la ministre des Affaires sociales à une députée flamande. En 2004, l’Inami avait consacré un montant de 91,75 millions d’euros à la consommation de médicaments pour les moins de 20 ans. Cinq ans plus tard, l’enveloppe est passée à 146,3 millions. Soit, effectivement, une hausse annuelle de 9,8 %.

Avec des variations selon l’âge. C’est dans la tranche d’âge des 12 à 14 ans que la progression a été la plus vigoureuse : +14,40 % par an. La consommation de médicaments des 0 à 5 ans et celle des 15 à 19 ans se sont situées dans la moyenne, avec une hausse annuelle autour de 10-11 %. Seule la consommation des 6-11 ans est restée modérée, avec une progression moyenne de 3,5 % par an.

Mais ce sont les adolescents de 15 à 19 ans qui affichent la consommation de médicaments la plus élevée. L’Inami y a consacré 56,7 millions d’euros en 2009. C’est près de deux fois plus que pour les enfants de 0 à 5 ans (33 millions), pour ceux de 6 à 11 ans (28 millions) et pour ceux de 12 à 14 ans (28,5 millions).

La hausse des dépenses de médicaments chez les jeunes durant cette période n’est pas tout à fait une surprise. Elle s’explique en grande partie par des décisions politiques prises ces dernières années. Ainsi, le 1er janvier 2008, les "petits risques" ont été intégrés dans l’assurance-maladie obligatoire des indépendants. De nombreux indépendants y souscrivaient déjà. Mais pas tous. Leur intégration dans le régime obligatoire aura forcément eu un effet sur les dépenses de l’Inami. On voit d’ailleurs que la hausse majeure des dépenses de médicaments pour les jeunes entre 2004 et 2009 a précisément lieu en 2008. Selon la ministre des Affaires sociales, "on estime la croissance due à cette intégration à environ 5 %".

C’est par ailleurs aussi en 2008 que le remboursement du vaccin contre le virus du papillome humain est accordé aux filles de 12 à 15 ans pour prévenir l’émergence du cancer du col de l’utérus. Un remboursement étendu l’année suivante aux filles de 12 à 18 ans. A cela s’ajoute l’octroi du remboursement, fin 2006, du vaccin contre le rotavirus chez les enfants de moins de six mois.

Autre explication : des diagnostics qui s’affinent et deviennent plus précoces au gré de l’avancement des connaissances médicales. Les allergies et l’asthme par exemple sont détectés plus tôt qu’avant chez l’enfant. Or, selon une étude des Mutualités chrétiennes menée en 2009, trois médicaments contre l’asthme se classent dans le top 10 des médicaments les plus consommés par les jeunes.

La hausse des dépenses que l’Inami consacre à la consommation des médicaments chez les jeunes s’explique aussi, convient Laurette Onkelinx, par "une surmédicalisation pour certaines affections". Comme d’autres catégories de patients, le recours aux antibiotiques est très fréquent chez les jeunes. Dans le top 10 des médicaments les plus utilisés par les 0 à 18 ans établi en 2009, on retrouve d’ailleurs trois antibiotiques.

Et puis, si elle ne le dit pas dans sa réponse, on peut penser que les percées des neurostimulants (Rilatine) pour lutter contre les troubles de l’attention et celle des psychotropes (antidépresseurs, etc.) chez les ados ne comptent pas pour rien non plus dans la hausse des dépenses.