Sciences - Santé

Le 1er décembre marque chaque année la journée mondiale de lutte contre le sida. En Belgique, 1.039 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2014, c'est 8% de moins que l'an passé. C'est toujours trop, mais ces personnes ont un avenir devant elles; un avenir de santé et un avenir affectif. L'élimination de la maladie est-elle envisageable? Comment évolue le traitement? Le directeur de la Plate-forme Prévention Sida nous explique les avancées en la matière. Thierry Martin est l'Invité du samedi de LaLibre.be.


Extraits:

Les jeunes sont-il réceptifs à vos informations de prévention ?

C'est vrai qu'ils sont un de nos publics cibles et nous allons ponctuellement dans les écoles parfois primaires, surtout secondaires. Dans les premières, nous insistons davantage sur le vivre ensemble, la solidarité envers les personnes touchées. Auprès des adolescents, le message est davantage ciblé sur la sexualité. Et l'on sent à chaque fois une grande attention dans les classes.

Mais notre objectif est davantage de sensibiliser celles et ceux qui sont des relais dans les écoles comme les plannings, les PMS, les PSE. Car il n'y a pas que l'information, il y a le suivi qui est important ! Les interventions dans les classes ouvrent la porte à des questions, des inquiétudes, des situations difficiles. Les interventions sur le sida doivent être intégrées dans une approche plus globale d'éducation sexuelle, relationnelle. La sexualité, c'est aussi du plaisir. A un moment où les adolescents se construisent, c'est important pour eux d'envisager la sexualité dans une approche globale.

Désormais, on parle d'infections sexuellement transmissibles et plus de maladies sexuellement transmissibles, pourquoi ?

En fait, le terme d'infection est plus juste, on peut être porteur d'un virus sans être malade pour autant. Il faut noter que les IST sont aussi en progression très nette, la syphilis chez les hommes, l’infection à chlamydia surtout chez les jeunes et chez les femmes notamment. Le port du préservatif, encore et toujours, est crucial dans ce domaine.

Dans votre nouvelle campagne déveoilée en novembre, vous mettez des images et des mots simples sur la notion relativement nouvelle, concernant le VIH, d'indétectabilité. Cela veut dire que la prise de traitement régulière entraînera chez la personne vivant avec le VIH une charge virale indétectable. Cela change-t-il beaucoup de choses dans la vie quotidienne ?

La charge virale, c'est la quantité de virus présente dans le sang et les sécrétions sexuelles. Une personne séropositive qui a un suivi médical régulier et prend correctement son traitement peut arriver à avoir une charge virale indétectable, c’est-à-dire tellement réduite qu’on n’arrive plus à la détecter dans le sang. Attention, la personne reste séropositive (...)