Localisation : La Louvière,

site de Bois-du-Luc

Architecte : atelier d'architecture Carré 7 (Bernard De Vrée -

Cyrille Herveau)

Genre : rénovation, restauration

et construction neuve

Durée des travaux : écomusée

(fin 1998 - 05/2000); salle des fêtes (07/2000 - 09/2001)

Affectation : salle des fêtes,

cafétéria et musée

Superficie : +/- 9000 m2 (écomusée)

et 900 m2 (salle des fêtes)

Particularité : opérations menées dans un site classé

Bois-du-Luc, un site minier que l'on ne présente plus. Sans doute l'un des plus complets et des plus impressionnants d'Europe. `Un exemple rare, préservé dans sa totalité ou presque...´, lance d'emblée l'architecte qui mène depuis 1998 plusieurs opérations dans ce site classé. `Le site, mais pas les bâtiments´, précise Bernard De Vrée pour Carré 7, une appellation contrôlée qui en dit déjà beaucoup sur le travail de cette équipe basée à La Louvière. Rigueur de la figure géométrique `parfaite, qui ne supporte aucune discussion´ ; sensibilité, mystère et symbolisme d'un chiffre magique. Entre les deux, leur architecture balance: généraliste, sans préjugé, au cas par cas. Habitations, bureaux, caserne de pompiers (en cours), ouvrages d'art (Porte de garde du Blanc Pain, en cours) et, en l'occurrence, réaffectation et restauration de certaines parties d'un site industrieux dont l'histoire se compte en siècles et en strates multiples.

À l'histoire et à la restauration stricto sensu se greffent la scénographie et, en matière d'art de bâtir, quelques interventions contemporaines, franches mais discrètes et parfois même là où on ne les attendait pas. Ce qui explique certains différends avec les Monuments & Sites par `la présence d'interventions contemporaines dans un site qui a priori ne les aurait pas supportées´, sourit l'architecte.

LE LABEUR...

Le projet de ces architectes du cru comprend deux volets distincts dans le temps, dans l'espace, dans les affectations et options architecturales. Le premier s'attache aux locaux administratifs, industriels et ateliers pour les réutiliser dans une fonction muséale (Ecomusée), de tendance didactique et ludique autour de la thématique de `L'homme et de la machine´. L'architecture s'efface presque. Elle se fait volontiers `le support de scénographies´, explique Bernard De Vrée qui l'entend comme une des missions de son travail d'architecte. La part de création y est quasi nulle mais son intervention, souvent ponctuelle, est pourtant indispensable: réfection des toitures, plafonds ou des sols, suppression des éléments encombrants dans un souci de lisibilité, aménagement des cheminements (rampes, escaliers, ascenseurs...), mise aux normes, isolation, accessibilité aux moins valides, aménagement des techniques, renforcement de la stabilité et de la sécurité, étude de l'éclairage, aménagement de sanitaires, travaux de soutènement, de renforcement, etc. Certaines parties, comme la cour des métiers de surface, semblent figées dans un état intemporel (quoique des artisans d'aujourd'hui, ferronnier, verrier et autres luthier y ont pris leur quartier). D'autres flirtent avec une architecture contemporaine qui joue avec des matières brutes et industrielles. Comme ces nombreux sas et cette boîte associant ossature d'acier et zinc prépatiné avec une grande hélicoïde en intérieur qui assure la transition entre 2 pôles d'un parcours-découverte qui met en valeur et réinvestit avec force et discrétion le superbe châssis à molette de la fosse St-Emmanuel.

... PUIS LA FÊTE

Le second volet se concentre sur la salle des fêtes. Deuxième du genre, elle est inaugurée en 1923 par le prince Léopold pour remplacer celle de 1854. Maintenue dans son affectation originelle et toujours précédée d'un bistrot, cette salle, d'une capacité d'un millier de personnes, a été scrupuleusement restaurée, assainie et mise aux normes actuelles. C'est ainsi qu'elle jouit d'un nouveau système électrique, d'un nouvel équipement de chauffage, ventilation et extraction, mais, malheureusement, d'aucun support scénographique. L'enveloppe budgétaire n'a pas permis d'y inclure un poste pareil. Pour ne négliger aucune possibilité, les architectes ont toutefois `préparé le boulot´ pour l'éventuelle mise en place d'une régie mobile grâce à l'installation d'un plancher démontable qui offre la possibilité d'y glisser le câblage nécessaire. Les châssis ont été remplacés et parés d'un double vitrage, les peintures et les moulures ont été refaites, une cuisine et des sanitaires ont été installés dans des locaux existants, le sol a été entièrement refait et recouvert d'un carrelage dans les teintes d'époque, le balcon en `U´ a été repensé dans le sens d'une plus grande inertie (grâce à l'ajout d'un fût métallique aux colonnes de fonte), l'escalier a été refait et la scène, victime d'un incendie, a été partiellement réparée. Un équipement sobre pour faire la fête comme jadis, encore et toujours.

© La Libre Belgique 2002