Concert

Neil Hannon dans le plus simple appareil

Mardi, Neil Hannon débarque sur la scène de l’Orangerie au Botanique, engoncé dans un chapeau melon, costard impeccable et tristounet, mallette à la main : clin d’œil à l’univers de son récent album "Bang goes the knighthood". Rien d’autre qu’un piano, une guitare et une bouteille de vin : ce soir, le leader du groupe The Divine Comedy se produit en solo. Une mise à nu, pour ce musicien amateur d’atours symphoniques, dont le concert en compagnie du Mons Orchestra, au Cirque royal en 2004, a marqué les esprits. Quoi qu’il en soit, on sait ce que l’Irlandais fait des conventions : au troisième morceau, il envoie valdinguer le couvre-chef et, peu après, la cravate. L’essentiel est ailleurs : dans ses textes, dont la finesse, le lyrisme et l’humour absurde brillent plus que jamais ce soir, et dans son sens théâtral mâtiné d’autodérision. Avec ça, même si Neil Hannon apparaît un peu fatigué, distrait, et pas au top de ses capacités vocales, le concert ne peut être qu’un beau moment. Bonne nouvelle, d’ailleurs : les morceaux du dernier opus passent très bien le cap de la scène. Surtout "The Complete Banker", jamais aussi cynique que porté par le seul piano, et "Assume the perpendicular" à la mélodie ravageuse. Sans compter "At the indie disco" que Neil Hannon, en bon fan des eighties, agrémente de reprises bien senties : "Blue Monday" (New Order) et "Don’t you want me" (Human League) dont il chante le refrain sur un ton moqueur figurant un amant larmoyant. Plus sérieusement, on reste suspendu au récit de la "Lady of a certain age" qui finit seule après une vie de faste. Et l’on redécouvre la facette romantique et mélancolique (plus classique aussi) de Neil Hannon quand il aligne plusieurs chansons d’amour juste vêtues de sa voix de crooner et d’un piano. Ah le cruel "Mutual friend", l’euphorique "I like you" ! En rappel, le public embarque avec joie dans l’incontournable "National Express" et ses "papapala", avant de retomber le(s) pied(s) sur terre dans l’absurde "Can you stand upon one leg". Et devinez qui gagne au jeu de "qui tiendra le plus longtemps sur une nooooooooote ?"