Nicolas Colsaerts a fait vibrer toute la Belgique golfique la semaine dernière au Volvo Golf Champions. Certes, il a terminé finalement 4 e , à un coup du vainqueur sud-Africain Branden Grace (qui a battu en play-off ses compatriotes Els et Goosen), après avoir manqué un peu de lucidité en fin de partie. Mais son jeu déployé sur le superbe Links de Fancourt a épaté de nombreux spécialistes, notamment britanniques, particulièrement élogieux à son égard.

Cette performance est d’autant plus étonnante que le Bruxellois de 29 ans sortait à peine de deux semaines d’entraînement intensif à l’île Maurice. Personne ne l’attendait dès lors à ce niveau d’entrée de jeu, y compris au sein de son staff, qui pensait plutôt le voir atteindre un premier pic cette saison après une semaine ou deux de compétition.

"Nicolas est cependant un athlète phénoménal, doté notamment d’une souplesse exceptionnelle au niveau des épaules. Au niveau physique, il a bien digéré tous les exercices réalisés depuis début janvier, basés sur le Crossfit", nous commente Richard Vanmeerbeek (24 ans), qui, à titre personnel, est l’un des meilleurs spécialistes européens de la discipline et qui est désormais préparateur physique de Nicolas Colsaerts.

A priori, le Crossfit, une technique de conditionnement physique combinant la force athlétique, l’haltérophilie, la gymnastique et les sports d’endurance, n’a pourtant rien à voir avec le golf, sport basé essentiellement sur la technique et le mental. Une idée préconçue que bat en brèche M. Vanmeerbeek. "Si cela ne sert à rien d’être hyper-musclé pour pratiquer le golf, y compris à haut niveau, il est possible d’adapter les principes du Crossfit au golf. L’objectif est en effet d’améliorer les mouvements fonctionnels, à très haute intensité. En ce qui concerne Nicolas, j’ai ciblé ses besoins physiques en collaboration avec son kiné, Blaise Erpicum. Outre un travail de cardio, mon but était de renforcer sa ceinture abdominale, via un travail de "gainage", ainsi que de muscler ses jambes, afin d’avoir un meilleur contrôle de son corps. Ce travail physique préalable permet de gaspiller moins d’énergie sur le terrain, et d’être dès lors plus frais tant techniquement que mentalement "

Durant deux semaines, Colsaerts a ainsi réalisé principalement des exercices de flexion, des "squat" (plier les jambes, avec les hanches à hauteur des genoux, en gardant le haut du corps bien droit) tout en portant des poids ou des balles plus ou moins lourdes, en maintenant des positions statiques.

"Sur le circuit, tous les joueurs font du fitness et/ou de la cardio, poursuit M. Vanmeerbeek. Même un joueur comme Darren Clarke, qui n’a pourtant pas un corps d’athlète, réalise de nombreux exercices afin d’améliorer sa souplesse et sa mobilité. Au niveau physique, Nicolas a encore une belle marge de progression, vu qu’il faisait très peu d’exercices jusqu’à présent ! En discutant avec le préparateur physique sud-africain de joueurs comme Schwartzel, Oosthuizen et McDowell, je me suis d’ailleurs aperçu qu’il utilisait les mêmes principes de base que moi "

Alors qu’il travaille déjà pour les para-commandos, Richard Vanmeerbeek pense que ces principes du Crossfit peuvent être adaptés à de nombreux sports tels le hockey, le tennis, le squash, mais aussi le rugby, le football ou les différents sports de combat.

Bref, avoir un corps sain, rien de tel que pour avoir un esprit serein. Colsaerts semble l’avoir bien compris, alors qu’il est aussi suivi diététiquement (suppléments nutritifs ) par le Dr Balon-Perin.