Mercredi, l'Agence spatiale européenne (Esa) a fait connaître les résultats d'une équipe internationale de recherche, parmi lesquels des astronomes belges (Alain Jorissen et Benoît Famaey de l'ULB et le professeur Dejonghe de l'université de Gand). Ils ont déterminé que 20 pc des étoiles proches du soleil, au sein de notre galaxie, se comportent comme des «rebelles». Au lieu de tourner gentiment comme les autres autour du centre de la galaxie, elles adoptent des trajectoires très différentes, se rapprochant du centre de la galaxie ou au contraire s'en éloignant radicalement. Ces «chauffards» qui migrent à des milliers d'années-lumière de leur lieu de naissance, adoptent des sortes d'autoroutes pour étoiles. Pourquoi ces comportements étranges? Ce serait le passage des bras en spirale de notre galaxie, des bras comportant une densité très forte d'étoiles et formant une véritable onde de densité, qui aurait donné des «coups» aux étoiles et les aurait fait sortir de leurs trajectoires normales pour leur faire prendre ces chemins rebelles. Risque-t-on un jour la collision de deux étoiles chauffards? Non, car la densité en étoiles est si faible que la probabilité d'une rencontre est quasi nulle.

Cette recherche est partie d'un vieux problème. On avait remarqué depuis 50 ans que certains amas d'étoiles évoluaient en strict parallélisme avec d'autres étoiles réparties dans la voûte céleste. On pensait jusqu'ici, que ces étoiles avaient dû quitter l'amas. Mais cette hypothèse avorta quand on se rendit compte que ces étoiles isolées étaient parfois beaucoup plus anciennes que l'amas. Comment se sont-ils alors retrouvés un jour, pour évoluer de concert? L'équipe, comprenant Michel Mayor, le découvreur des exoplanètes, a analysé systématiquement 7000 étoiles situées dans un petit rayon autour du soleil (à moins de mille années-lumière alors que le rayon de la galaxie est de cent mille années-lumière). Ils ont pu, grâce aux données du satellite Hipparcos, calculer pour la première fois les vitesses radiales de ces étoiles (si elles se rapprochent ou s'éloignent de nous). Ils ont pu ainsi déterminer trois groupes d'étoiles adoptant des chemins différents des autres, qui furent déviées par effet gravitationnel comme des boules de billard.

Communiqué: www.esa.int/science/media

© La Libre Belgique 2004