Prospection

Depuis 2008, le gaz de schiste a généré des dizaines de milliers d’emplois aux USA. Son exploitation y est en pleine expansion. Les Etats-Unis font valoir que grâce à un usage accru du gaz, ils ont pu nettement réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais les écologistes craignent que la technique liée à l’exploitation du gaz de schiste n’accroisse les risques de séisme et ne pollue l’eau potable. La Belgique pourrait être, elle aussi, concernée par la polémique. Après avoir exploré des pays voisins, la compagnie Shell s’intéresse à notre pays, selon "De Morgen". Shell compterait investir 100 000 euros dans la prospection de gaz de schiste dans les régions de Liège et de la Campine. D’autres compagnies sont aussi intéressées. Ce qui suscite déjà des réactions. " Cela pourrait générer une nouvelle dynamique dans l’industrie , estime le "Carbon Energy Club" d’Agoria, qui regroupe des fournisseurs technologiques belges à l’industrie gazière et pétrolière. "Ce gaz peut être utilisé pour produire de l’énergie mais aussi comme matière première dans l’industrie pétrochimique pour des carburants propres ainsi que des produits de base pour les matières plastiques." Mais avant tout, il faut étudier les stocks potentiels et la faisabilité d’une production respectueuse de l’environnement, estime Agoria, qui demande aux autorités publiques de lancer des recherches en matière de prospection du sous-sol. "On ignore encore s’il y a du gaz de schiste dans notre sous-sol. Il faut des recherches et il faut que les autorités donnent des permis à ces prospections."

Le gaz de schiste, énergie fossile, est "piégé" dans des roches de schiste argileux, profondément sous terre. Il est extrait par fracturation hydraulique, ce qui consiste à injecter un fluide sous pression pour fissurer et micro-fissurer la roche, libérant ainsi le gaz qui est récupéré. Cette technologie, très controversée, a été interdite en France. Mais ce pays recherche des alternatives. En Wallonie, certains s’inquiètent déjà. "Non seulement tout recours aux énergies fossiles aggrave les déséquilibres climatiques en cours, mais la fracturation hydraulique provoque un ensemble des nuisances perceptibles immédiatement sur les territoires concernés", estime-t-on à "Liège en transition", mouvement citoyen qui réfléchit à la transition énergétique, et qui évoque lui aussi les risques de pollution chimique et de séismes. La question de l’étude du potentiel wallon en termes de gaz de schiste avait été posée en commission en novembre au ministre Nollet (Ecolo). Qui s’était montré peu enthousiaste, évoquant notamment les risques de fuites liées aux techniques d’extraction ou encore un potentiel d’emploi réduit.