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On écrit, si peu que ce soit, pour faire reculer la brute."

Jean-Luc Godard énonçait, naguère, qu’il y avait le cinéma et qu’il y avait les films : que ce n’était pas la même chose.

Il y a la littérature et il y a les livres : ce n’est pas la même chose, non plus. Les livres écrits pour la plage sortent désormais en toutes saisons. Sans ces pavés - gros ou menus - il arrive que la plage même disparaisse.

L’écriture dite "blanche" est bien portée. Résultat fréquent : style plutôt blême, non-dit opaque, message blafard. Mais, bien sûr, au milieu de cette ombre brillent parfois des pépites. Exemples récents : le dernier Lanzmann, le dernier Haenel (les deux hommes ne s’apprécient guère mais excellent tous les deux). Par bonheur, on réédite tout Semprun.

Il est bien des façons de "s’engager" dans et par la littérature (et ce ne sont pas toujours les plus prétendues qui sont à retenir).

Il en est bien davantage de ne pas s’engager : celles auxquelles recourent volontiers maints écrivains autoproclamés d’aujourd’hui (ici, le permis de conduire n’est pas requis). Cela nous vaut maints éloges de la futilité.

Alors qu’un écrivain "en temps de crise" se devrait d’échapper au frivole comme d’un asile de fous qui serait la proie des flammes.