Ils s’étaient regroupés tôt, jeudi matin, derrière leurs prêtres, abbés et religieuses, en des cortèges conduits par des soutanes blanches et brandissant des images saintes. La Marche des chrétiens, annoncée depuis le 7 janvier, entendait "réclamer la légitimité et la légalité du pouvoir au Congo" après les élections présidentielle et législative frauduleuses du 28 novembre. La police - par des gaz lacrymogènes et des arrestations -, parfois précédée de voyous munis d’armes blanches qui ont terrorisé et frappé les fidèles, a empêché la marche.

La protestation a bien été étouffée, mais pas l’indignation ni le rejet - même si les pays "amis du Congo" font semblant de croire que leur exhortation à organiser de manière crédible les élections provinciales (déjà remises sine die) et locales sera mieux entendue que celle à procéder dans la transparence au dépouillement des bulletins au scrutin législatif, qualifié de "honte" par l’Eglise.

Le régime Kabila, profondément déstabilisé par son absence de crédibilité électorale et par la mort de son homme fort, Augustin Katumba, dimanche dernier, ne s’appuie plus, aujourd’hui, que sur la force. S’il avait mis autant de moyens et d’efforts à soulager la profonde misère des Congolais (76 % d’entre eux sont sous-nourris) qu’il en a placés dans la constitution de son appareil policier, Joseph Kabila n’aurait pas eu besoin de recourir à la fraude pour se maintenir au pouvoir. Que devra-t-il faire, dorénavant, pour y rester ?