Vendredi, la ministre flamande de la Culture, Joke Schauvliege, a finalement obtenu 7,5 millions d’euros en plus. L’enveloppe culture pour 2013-2016 passe ainsi de 87 à 94,5 millions d’euros par an. On se souvient de l’intense polémique. Des commissions techniques avaient classé et commenté d’innombrables demandes de subsides (tout était remis à plat). La ministre a surpris en rendant tout public, comme des bulletins scolaires. On découvrait des aberrations, comme des projets qui avaient reçu de bonnes notes mais se voyaient refuser les subsides pour cause de dèche budgétaire. Forte de ces sommes supplémentaires cédées par ses collègues au gouvernement, la ministre a finalement tranché. Des 350 demandes reçues, 256 recevront une réponse favorable. Parmi la centaine de recalées, 43 organisations culturelles qui ne verront pas leur subvention prolongée. Certains ont eu chaud, dont les organisateurs du "Internationaal Filmfestival Vlaanderen", qui risquaient de ne rien recevoir ou le seul théâtre de marionnettes de Flandre, le "Figurentheater" de Malines. L’un ou l’autre événement a reçu des soutiens politiques, dont le festival de musique de Dranouter en Flandre-Occidentale, poussé par Yves Leterme. Le KVS reçoit un peu plus que craint il y a quelques jours. De manière aberrante, on prévoyait de couper quasi par deux la subvention au Ballet C. de la B. d’Alain Platel. Inimaginable alors qu’il triomphe avec "C(h)oeurs". La ministre a pu sauver les meubles. Sa subvention de 950 000 euros menaçait de tomber à 530 000, elle remonte à 870 000 euros. Mais il reste des recalés qui perdent tout, comme Musical van Vlaanderen, "La Petite bande" de Sigiswald Kuijken et Ars Musica, qui a réagi, consterné "devant une décision aussi radicale, tant au plan financier qu’au niveau symbolique, particulièrement au regard des compositeurs et interprètes flamands."