"Si Josly Piette a été choisi, c'est parce qu'il est prépensionné. Cela rassure. Il ne cherchera pas les honneurs. Il n'en a plus besoin." Cette phrase, lâchée par un ex-collègue, pourrait passer pour un camouflet. C'est en fait un énorme compliment. Au mouvement ouvrier chrétien (Moc), Piette est une icône.

Né en 1943 à Glons (Liège), Josly Piette entre à la FN à 16 ans. Technicien (doué, dit-on), il s'affilie à la CSC presque par contradiction. "Quand on m'a dit : "Ici, on s'inscrit à la FGTB et on ne discute pas", cela ne m'a pas plu. J'ai vu le délégué CSC et je me suis inscrit chez lui", raconte-t-il. En 1971, il est repéré par la structure interprofessionnelle du syndicat chrétien. Il accepte de devenir permanent à la CSC. Les temps sont durs. Le bassin liégeois trinque. Les conflits sociaux se multiplient - notamment au Val Saint-Lambert qu'il occupera pendant trois mois. Il se révèle : dur à cuire, habile négociateur. Il peut gueuler, brusquer. Mais une fois qu'il a donné sa parole, ses interlocuteurs peuvent avoir confiance. Ils ne seront pas trahis. Pas par lui en tout cas. Il ne comprend d'ailleurs pas la déloyauté. Ceux qui lui ont joué un mauvais tour l'ont toujours regretté. Josly Piette a la rancune tenace.

Sa carrière à la CSC est rectiligne. Elle ne s'arrêtera qu'au sommet. En 1991, Josly Piette est nommé secrétaire général de la CSC. Il le restera 15 ans. En 2006, 46 ans après être entré sur le marché du travail, il estime qu'il peut raccrocher. "J'ai des retards de lecture", dit-il. Mais celui qui a toujours eu un peu de mal à cacher son affiliation au PSC a à peine quitté la CSC qu'il annonce sa candidature à la fonction de bourgmestre de Bassenge. Ce qu'il deviendra malgré une place peu enviable sur la liste CDH de la commune. Il aurait pu en rester là. Mais non. Son parti avait besoin d'un gars rompu aux négociations difficiles. Il ne pouvait pas refuser.