Décidément, l’édition culinaire ne connaît pas la crise ! En ces périodes de repli chez soi, de triomphe du bricolage et du jardinnage, la cuisine est une activité très prisée. Jusqu’à être surinvestie médiatiquement ! Emissions télévisées, radio, livres, blogs On n’a sans doute jamais autant parlé casseroles alors que, paradoxalement, on n’a jamais dans l’histoire mangé autant de plats préparés et de cochonneries industrielles. Le filon du livre de cuisine semble, en effet, totalement inépuisable. Il suffisait pour s’en rendre de compte de se promener dans les allées de la Foire du Livre. Chez certains éditeurs, comme Hachette ou Larousse, les livres de cuisine occupent une place prépondérante ! Tandis que la Foire avait même consacré cette année un espace dédié à la gastronomie. Si, pour ceux qui ont fréquenté l’ancien Salon du Livre gourmand de Bruxelles, dont la dernière édition s’est tenue en 2008, ce "Palais gourmand" apparaît un peu riquiqui, les visiteurs de Tour&Taxis s’y pressaient néanmoins ce week-end. Il est vrai qu’on pouvait y boire un café en dégustant un cupcake d’Emilie, à moins d’opter pour des bulles de la Champagnothèque de Bruxelles. Le tout en écoutant d’une oreille distraite la rencontre avec Paul Wittamer et Pascale Boinem-Wittamer, venus présenter "La crème de la crème", bouquin paru il y a quelques semaines déjà chez Racine et qui retrace l’histoire de la grande pâtisserie du Sablon. Mais la partie la plus intéressante de ce "Palais gourmand", c’était évidemment les livres de cuisine, section gérée par le "Libraire Toqué", librairie culinaire qui a ouvert ses portes, il y a cinq mois, à Namur, où l’on peut également suivre des cours de cuisine. Là, on découvre quelques beaux ouvrages ou on s’émerveille devant le mur de petits cahiers gourmets de la collection "Dix façons de préparer" des Editions de l’Epure, qui abordent des sujets aussi variés que le sang, le yuzu, la queue ou l’eau.

Les gourmets ressortent sans doute avec quelques livres sous le bras mais aussi avec l’impression que la Foire du Livre a un peu exagéré en mettant à ce point en avant, jusqu’aux spots radio, un "Palais gourmand" qui, vu sa taille modeste, aurait pu s’appeler plus simplement "espace" D’autant que le programme de rencontres était, lui aussi, assez maigre et que peu d’éditeurs ont profité du rendez-vous pour présenter leurs nouveautés.