Le projet de Paul Magnette, ministre de la Politique scientifique, de fusionner trois institutions (Musée des Beaux-Arts, Cinquantenaire, Irpa) dans un "Pôle art" a suscité une vive réaction de 25 scientifiques (lire nos éditions précédentes). Le ministre a réagi par une lettre sur son site Internet. Voici quelques extraits.

Il répète d’abord qu’il ne s’agit pas d’attaquer l’Irpa, "A aucun moment, l’existence ou même les missions actuelles de cette institution n’ont été remises en cause." Il défend ensuite le principe de la fusion en Pôle : "Notre projet n’est ni insensé ni unique. L’exemple des musées de Berlin montre que nous nous intégrons dans une évolution générale qui vise à renforcer la cohérence des entités muséales, à consolider les pôles d’excellence scientifiques, à optimaliser le mode de fonctionnement, à rationaliser les infrastructures." Il répond ensuite à l’argument contre les musées "thématiques" : "Le redéploiement des collections proposé est quant à lui fondé sur une meilleure adéquation entre l’unité muséale et la nature des collections conservées. Il suffit, dans le cas de l’art moderne ou de l’art du XIXe siècle, de rappeler la liste des artistes non représentés dans les collections (Picasso, Kandinsky, Mondrian, Malevitch, Pollock, Warhol, pour l’art moderne; Friedrich, Turner, Monet, Cézanne, Munch, pour le XIXe siècle) pour se rendre compte qu’à l’heure d’une communication planétaire, nos appellations anciennes ne renvoient pas au contenu que peut légitimement attendre le visiteur de musées ainsi nommés. Il y a donc lieu de redéfinir nos entités en intégrant pleinement et consciemment leurs qualités mais aussi leurs limites." Il ajoute que cette présentation peut mettre en lumière les artistes de notre pays : "Les primitifs flamands, la fin de siècle, le surréalisme, sont des moments particulièrement importants dans l’histoire artistique de notre pays. Cette nouvelle présentation est d’abord essentielle pour une meilleure compréhension de l’histoire artistique belge par nos concitoyens, une présentation avant tout pédagogique. Si elle peut par ailleurs attirer un plus vaste public, cfr le succès du musée Magritte, nous ne pouvons que nous en réjouir. Il n’y a en effet aucune honte pour des musées a attirer un public aussi large que possible. Si cela permet aussi de faire davantage rayonner la capitale belge sur la scène internationale et de générer des recettes qui permettront de mieux entretenir et valoriser nos collections nous ne pouvons que nous en féliciter." Et si des salles sont fermées, "c’est la conséquence d’une dégradation permanente de bâtiments dont la rénovation a été tantôt mal faite, tantôt trop longtemps différée."