Les Parisiennes se baladant sur les Champs-Elysées en pantalon ne risquent plus d’ennuis judiciaires. C’est ce qu’a fait savoir le ministère des Droits des femmes, en réponse à un sénateur qui s’était ému, via une question écrite, que soit toujours en vigueur un texte stipulant que "toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l’autorisation".

L’interdiction de porter le pantalon a été partiellement levée par deux circulaires, l’une de 1892 et l’autre de 1909, autorisant le port féminin du pantalon "si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval".

Mais l’ordonnance du préfet de police Dubois n°22 du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800), intitulée "ordonnance concernant le travestissement des femmes", continuait à exister, même si elle était incompatible avec les principes d’égalité entre les femmes et les hommes inscrits dans la Constitution.

C’est de cette incompatibilité que le ministère tire argument pour estimer qu’il existe une abrogation... implicite de l’ordonnance. Et que cette dernière est donc dépourvue de tout effet juridique et ne constitue plus qu’une pièce d’archives conservée comme telle par la préfecture de police de Paris.

A l’origine, cette ordonnance visait avant tout à limiter l’accès des femmes à certaines fonctions ou métiers, explique encore le ministère. Qui ne dit mot à propos du fait que nombre de femmes portent depuis longtemps la culotte à la maison.