A réserver aux passionnés ! Huit gros volumes de correspondances, échos, chroniques et comptes-rendus relatifs aux représentations données au Théâtre-Italien de Paris entre 1801 et 1831, voilà qui peut sembler lourd. C’est compter sans le piquant du sujet : comment, en trente ans, un petit théâtre d’opera buffa, en retrait de l’Opéra et de l’Opéra-Comique, devient le lieu le plus huppé de Paris, comment le public parisien évolue naturellement du très classique Cimarosa, à Donizetti, le porte-étendard du bel canto, via Mozart et Rossini (lui-même directeur du Théâtre entre 1824 et 1829), et surtout comment, par l’apprentissage de l’écoute, le goût français évolue des Lumières, où la qualité littéraire [?] du livret conservait la primauté, vers le Romantisme, dominé cette fois par la puissance de la musique pure et de ses voluptés, notamment vocales Le volume introductif, signé de l’auteur, éminent professeur à la Sorbonne, captive par son écriture claire et alerte et par sa précieuse lecture des événements culturels, politiques et historiques de la période concernée; il est complété par un jeu d’index où le lecteur intrépide retrouvera, sous différents classements, les noms de toutes les revues compilées, des compositeurs, des chanteurs et des opéras joués. Les sept autres volumes permettent au lecteur de plonger dans cette foule de témoignages et de détails concrets (rassemblés durant 20 ans par un groupe de chercheurs) qui construisent progressivement la sensibilité d’une époque et donnent vie au passé. Avec une mise en regard éloquente des critiques françaises, parfois déconcertantes de superficialité, et de celles de l’Allgemeine Musikalische Zeitung, seule presse étrangère convoquée et toujours référence en la matière. Un an après sa parution sous forme papier, cette somme d’informations est désormais librement accessible, moyennant inscription sur Internet.

Editions Symétrie - Collection Perpetuum Mobile. Belgique : Point d’Orgue. Infos sur www.theatre-italien.fr