L’Université de Gand a annoncé ce lundi son intention d’entamer des démarches judiciaires contre les 250 activistes du "Field Liberation Movement" (FLM) qui ont participé à la mise à sac d’un champ de pommes de terre génétiquement modifiées ce dimanche à Wetteren. "Il s’agit de la destruction d’un travail scientifique de plusieurs années et la recherche des doctorants sera sérieusement perturbée" , a-t-elle souligné dans un communiqué.

Les militants de ce "mouvement de libération des champs" avaient annoncé leur action visant à détruire le champ où une plantation expérimentale est en cours. Ils voulaient transformer ce champ de pommes de terre OGM en un champ de pommes de terre normales.

L’Université de Gand dit "faire grand cas" de la destruction de ce champ expérimental, pour qui cette action est une atteinte à la liberté d’entreprendre des recherches scientifiques. L’université appelle tous les scientifiques à adopter une position commune face à ce genre de comportement qu’elle juge " non constructif" et "illégitime" . De son côté, la KULeuven a annoncé qu’elle allait prendre des mesures contre une de ses chercheuses qui avait défendu l’opération du FLM. Dans un communiqué, ce dernier a légitimé cette destruction par le risque de voir les champs de pommes de terre destinées à la consommation humaine qui se trouvent dans l’environnement de la parcelle OGM contaminés par l’intermédiaire des insectes pollinisateurs.

Réagissant à ces événements, l’eurodéputé Bart Staes (Groen!) a jugé, en son nom personnel, que cette action était "une forme de lutte démocratique" . Une vision qui ne fait visiblement pas l’unanimité au sein de son parti. Dans un communiqué, le président des Verts flamands, Wouter Van Besien, a ainsi pris ses distances avec ces propos, en condamnant fermement la destruction de ce champ expérimental.

Le débat sur les modifications génétiques est nécessaire, mais de telles actions rendent toute discussion constructive impossible, a affirmé le patron de Groen! Son parti, a-t-il ajouté, a trois préoccupations dans le débat sur ce dossier sensible : la dépendance des agriculteurs vis-à-vis d’une poignée de multinationales qui détiennent presque tous les brevets; l’information insuffisante du consommateur qui n’est pas toujours au courant d’avoir acheté un produit OGM et le principe de précaution.

Parlant d’un jour noir pour la science, la sénatrice Marleen Temmerman (SP.A ex-Agalev) s’est pour sa part dite choquée par la destruction du champ. Elle a également souligné que le monde scientifique demandait depuis des années davantage de débat sur ce dossier, mais que les opposants le refusaient. S’en prenant à l’eurodéputé Bart Staes, Marleen Temmerman a jugé que l’on ne pouvait tolérer le hooliganisme comme moyen de lutte démocratique.

Par ailleurs, le député flamand Open VLD Marino Keulen a qualifié l’action d’"acte d’écofondamentaliste" qui doit faire l’objet de poursuites et être jugé. Si M. Keulen estime que les préoccupations au sujet des éventuels effets pervers des substances génétiquement modifiées sont justifiées, il appartient à la science de les étudier, comme c’est le cas à Wetteren, a-t-il souligné.

Enfin, le ministre-président flamand, Kris Peeters (CD&V) a déclaré que les auteurs des faits seront poursuivis pour association de malfaiteurs et que la culture expérimentale de pommes OGM sera poursuivie. (D’après Belga)

Lire le débat en pp. 52-53.