Arrivée en 2005 à leur tête, Fabienne Verstraeten a imprimé aux Halles une direction particulière, les repositionnant dans le paysage culturel, les restructurant de l’intérieur, y suscitant et amenant "des propositions qui questionnent notre monde, le reflètent, le réfléchissent". Elle aura été, ainsi que le souligne Simone Bitton, "une des seules, et sans doute la première en Europe, à donner une voix et un écho au printemps arabe avant qu’il n’explose".

Programmée le 21 septembre, cette présentation de la nouvelle saison se place sous les auspices de la 66e session de l’assemblée des Nations unies devant laquelle se présente l’Etat palestinien. On est loin d’un hasard automnal. "Ouvrir, ouvrir, ouvrir plus encore !" Voici le vœu des Halles : "Continuer d’oser ce grand écart, qui n’est peut-être qu’apparent, entre la légèreté, le funambulisme, et l’esprit de sérieux, l’engagement", indique Fabienne Verstraeten.

Premier rendez-vous, Latitudes Lille/Bruxelles (instauré par Maria Carmela Mini, de Lille) propose des pièces de Gaëtan Bulourde et Mathilde Monnier, Anna Krzystek et Marie-Caroline Hominal, Daniel Linehan et Alain Buffard, Olga de Soto et François Chaignaud & Cecilia Bengolea - "autant de brèches ouvertes dans le prêt-à-danser" - ainsi que des "Instants critiques", rencontres privilégiées entre artistes et public. Entre le 27 septembre et le 6 octobre.

En novembre, le festival nomade Moussem posera aux Halles des projets belgo-marocains, franco-tunisiens, avec un focus sur la communauté artistique irakienne, particulièrement présente à Anvers. Notons la présence entre autres de Hassan Khayoon, Muhanad Rasheed & Iraqi Bodies ou Amar Al Bojrad. Une programmation signée Nedjma Hadj.

Outre le cirque actuel et ses dérivés, toujours bellement présents grâce à l’œil avisé d’Anne Kumps, outre les œillades au Brésil (Europalia oblige), outre Trouble, festival de performance confié à Antoine Pickels et qui prendra place fin mai, après le KunstenFestivaldesArts (où Boris Charmatz présentera "Enfant"), les Halles poursuivent leur parcours à travers les "Mondes arabes", cycle littéraire "qui reste proche des événements qui font bouger le monde arabe aujourd’hui". Avec la Saoudienne Raja Alem pour son roman "Khâtem", avec le Syrien Farouk Mardam-Bey, le Français Edwy Plenel et le Palestinien Elias Sanbar pour leur ouvrage "Notre France", avec le Palestinien Akram Musallam et "L’Histoire du scorpion qui ruisselait de sueur", avec Xavier Luffin, chercheur à l’ULB, présentant de jeunes auteurs d’ici écrivant en arabe.

Le grand moment de cette saison, en décembre, s’intitule "Briser le silence", à l’instar de l’association israélienne qui, née en 2000, enregistre les témoignages de soldats de Tsahal sur ce qu’ils ont été amenés à faire en Cisjordanie ou à Gaza. Ce temps fort, construit en étroite complicité avec Simone Bitton (cinéaste, documentariste, juive marocaine devenue israélienne à onze ans et ayant étudié en France) et avec le soutien de l’UPJB, mariera l’exposition de documents et la présentation d’œuvres - performances, installations... - qui en sont inspirées.

Notons encore, dans ce relevé non exhaustif, "Nous autres ici" (en mars), moment centré sur les nouvelles écritures scéniques issues de l’immigration, où l’on retrouvera entre autres Ben Hamidou ou Jamila Drissi.

Halles de Schaerbeek, 22a rue Royale Sainte-Marie, 1030 Bruxelles. Infos, rés. : 02.218.21.07, www.halles.be