Le nom de l’association de Jean Goepp suffit à lui seul pour comprendre l’esprit de son projet : en wolof - la langue la plus parlée au Sénégal - Nébéday vient de l’anglais "Never die". Il désigne le Moringa, l’arbre qui donne la vie. Un arbre résistant à la sécheresse, qui s’adapte à tous les sols; un excellent additif alimentaire ainsi qu’un bon médicament contre l’hypertension et le diabète. La plante préserve donc le plus grand espoir de l’Afrique : sa population. Mais pour préserver cet espoir, il faut protéger l’arbre. Et c’est là le principal objectif de Nébéday : une gestion participative des ressources naturelles, par et pour les populations.

Le Français Jean Goepp et son association Nébéday ont choisi de miser sur deux alliés de poids. Un allié pour le présent - la femme - et un allié pour le futur - l’enfant. Selon le directeur de Nébéday, les femmes africaines représentent le pilier central des sociétés car elles sont organisées, sérieuses. Un vrai vecteur pour le développement durable en Afrique de l’Ouest.

Cette initiative se développe principalement autour de l’arbre. L’enjeu ? Inciter les populations de la région de Tambacounda, située dans l’est du Sénégal, à planter au sein de leurs concessions des Moringas. L’association sensibilise les femmes à l’importance de cet arbre, les forme à la transformation des feuilles et des graines pour leur valorisation. Et constitue des associations. "Au début, les femmes se montrent méfiantes mais très vite elles s’imprègnent des messages de sensibilisation et commencent à prendre soin de l’environnement" , explique Ibrahima Ndiaye Kaboré, le responsable de l’environnement à Tambacounda.

Jean Goepp, écologue de formation, parle couramment wolof. Son engagement total dans ses missions et son sens de l’humour lui ont permis de gagner la confiance de tous. Entre le directeur de l’ONG et ses employés, les relations sont pleines de respect.

Via l’association, Jean Goepp a mis en place des filières pour la valorisation des produits locaux. Certains groupes de femmes fabriquent ainsi du jus de bissap biologique pour le vendre ensuite sur les marchés. Nébéday appuie aussi les populations locales afin d’assurer la préservation des milieux marins et aide les peuples du delta du Saloum, une zone de reproduction de poissons importante pour la pêche locale, située au sud de Dakar.

Jean Goepp s’est fixé un autre objectif : faire des enfants de la région de futurs citoyens responsables face à l’environnement dans lequel ils vivent. Dans la cour d’école d’un village de Tambacounda, une grande cérémonie a été organisée et des dizaines d’enfants ont planté des Moringas, sous le regard bienveillant de leurs mères aux tenues colorées. Tous ont dansé et chanté pour célébrer l’arbre Nébéday.

Sous son voile orange, une doyenne du village se souvient que les arbres manquaient, de son temps, dans la cour. Les élèves croulaient alors sous une chaleur accablante.

Constituée en 2011, Nébéday a donc pour objectif de promouvoir une gestion participative des ressources naturelles en les protégeant, mais aussi en encourageant leur exploitation raisonnée. Pour cela, l’association a recours à des outils de communication sociale adaptés, comme le cinéma-débat ou le théâtre-forum. Les projets menés par Nébéday et Jean Goepp ont un souffle particulier, un souffle sain.

Le souffle d’une vie simple mais meilleure et confortable.