On peut enfin tâter la monnaie unique

PAR MATTHIAS VAN HALST

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On peut enfin tâter la monnaie unique
© Demoulin

QUÊTE

Voilà, c'était ce samedi le grand jour : le 15 décembre, tous les Belges pouvaient acheter des Eurominikits dans différents points de vente. Ca, évidemment, c'était la théorie. Passons à la pratique, à à la quête aux pièces de l'an 2002...

Situation : un des quartiers les plus commerçants de Bruxelles, en-dehors du centre-ville. Avec une poste pas très loin, et où, en marchant 250m, on passe devant pas moins de... cinq banques ! Voilà de quoi rassurer l'euroacheteur que j'étais, comme bon nombre d'entre vous, ce samedi matin.

Et ces derniers mots me trottaient dans la tête depuis quelques jours : samedi matin, banques, poste. Voilà quelques paradoxes. C'était donc en toute logique que je m'étais renseigné sur les différentes heures d'ouverture. Ma banque (l'une des cinq) était ouverte, tandis que la poste était fermée. Mais peut-être qu'en ce jour spécial, il y aurait une excpetion ? Non, non ! C'était bien précisé dans La Libre de ce samedi matin (et depuis vendredi sur le site) : Sur les quelque 1 400 points de vente que compte le réseau, seuls 400 ouvrent d'habitude leurs portes le samedi matin. Et c'est donc uniquement dans ces bureaux que l'on pourra acheter ses premières pièces en euros.

Tout était prêt : le réveil a sonné à l'heure, pas trop tôt quand même (il va falloir travailler tard ce soir), mais assez que pour aller chercher ces nouvelles pièces attendues avec impatience. Presque arrivé à la banque, ô surprise (et inquiétude) : deux personnes rentrent juste devant moi, alors que sur le chemin, j'en avais vu trois sortir. C'est clair, ça grouille de monde ! Cette impression n'était pas fausse, puisqu'il y avait déjà neuf personnes (toutes trop bavardes, évidemment) au guichet. La première voulait des francs français (mais qu'est-ce qu'elle va en faire ? allez, madame, dépêchez-vous, c'est pas drôle de faire la file...)

Bon, en attendant, il fallait regarder aux alentours. Et là, comble de l'horreur, une petite feuille, format A4 où il était écrit, dans les deux langues : "pour des raisons techniques, la distribution des eurominikits ne commencera pas avant le lundi 17.12.01". Ce n'est pas possible ! Des raisons techiques... Quelles raisons techniques ? Ils n'ont pas eu le temps de faire le côté face des pièces avec Philippe Moureaux ou quoi ?

Bon, tant pis, on va aller dire bonjour à la concurrence. Avec le risque de se voir refuser le petit sac tant convoité qui ne serait réservé qu'aux clients (ce qui n'est pas illogique). Mais voilà : à côté, c'est fermé, en face, c'est fermé, au coin aussi, et la dernière, c'est pareil ! Tiens, parmi les forums de lalibre.be, n'y en a-t-il pas un intitulé "les banques au services du client ?"...

Oui, ce sont des mauvaises pensées, et elles ont commencé à se bousculer dans mon cerveau alors que je me pressais de trouver une autre banque, dans un quartier voisin. Entre les titres à deux francs (non, je ne convertis pas tant que je n'ai pas de pièces) que je n'aurais jamais osé utiliser, les critiques sur la capitale de l'Europe où tout est toujours fermé, et j'en passe, ça fusait... Moi aussi, d'ailleurs, parce que le temps pressait, et que les autres agences risquaient de fermer elles aussi...

A bout de souffle (en plus, ça montait !) me voilà à une autre agence de ma banque, théoriquement ouverte jusque midi. Mais, en entrant près des distributeurs automatiques, il est clair que le guiche est... fermé ! Zut, trop tard, je les aurai pas mes belles pièces... En revanche, je sentais le froid dans mes poumons. Je voulais un eurominikit, j'aurai peut-être une bronchite (voilà un des titres auxquels vous avez échappé, veinards).

Etonnant, il ne pouvait pas déjà être midi. Et puis, pas loin, il y en a d'autres, de banques. On ne sait jamais. Alors que la basilique était en arrière-plan, plus près se trouvait une horloge : 11h50. Je le savais qu'ils avaient fermé trop tôt les autres... Maudits !

Et là, une autre agence de la seule banque qui semble ouverte le samedi matin. La dernière chance. Et en plus, il n'y a pas un seul client ! Zut, serait-il aussi trop tard ? Je franchis la porte, et deux dames (l'une avec sa fille de 5 ou 6 ans sur les genoux), avec un grand sourire, de me demander : "Et pour monsieur, ce sera combien de kits ?" Allez, on va faire preuve de civisme et en laisser aux autres, ça semble tellement difficile d'en avoir. "Un" Et la petite fille de me le donner, toute contente de faire un travail de grande.

Enfin, je l'ai ! Quel bonheur. Maintenant, il faut faire le chemin inverse vers la maison avant de l'ouvrir. Merci mesdames qui travaillez le samedi et étiez souriantes : vous serez récompensées en semaine et ne devrez pas faire la file dans les magasins. Merci petite fille, j'espère que Saint-Nicolas t'a gâtée. Voilà, les bonnes pensées sont revenues. C'est le temps des fêtes, non ?

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