La commission paritaire extraordinaire de ¨Proximus, réunissant syndicats et direction, s'est tenue jeudi dès 8h.

La direction de l'entreprise publique a confirmé le nombre, divulgué mercredi par le ministre fédéral de l'Emploi Kris Peeters, de 1900 emplois supprimés dans les trois ans ainsi que l'embauche de 1250 nouveaux collaborateurs pour ses filiales.

Dans un communiqué envoyé jeudi, Proximus précise ceci :

"Proximus doit changer sa façon de travailler, devenir plus flexible, renforcer les compétences de ses employés au niveau numérique et adapter sa structure de coûts pour qu'elle soit davantage compatible avec les marchés."

L'entreprise compte recruter 750 personnes "pour la poursuite du développement des activités TIC (technologies de l'information et de la communication, NdlR) dans les différentes branches" et 500 au sein de Proximus N.V. "dans les nouveaux domaines numériques".


Proximus souligne en outre les difficultés auxquelles elle fait face. "Un marché des télécommunications en stagnation (malgré la demande croissante de connectivité) et une lourde réglementation mettant fortement les tarifs sous pression, concilier les besoins d’investissements massifs de l’entreprise et le désir de connectivité élevée et de nouveaux services des clients à des prix compétitifs s’avère un challenge difficile à relever. D’autant plus que Proximus fait face à des coûts opérationnels et salariaux plus élevés que ceux de ses concurrents."

L'entreprise a comme objectif une réduction brute supplémentaire des coûts de l'ordre de 240 millions d'euros d'ici 2022. Ce plan d'économies devrait être mis en oeuvre dès le second semestre 2019.

"Nous sommes conscients des inquiétudes que tous ces changements vont susciter au sein des équipes, mais l’accélération de la digitalisation et les conditions disruptives de marché ne nous laissent pas le choix", indique la CEO Dominique Leroy.

La cotation en Bourse de l'action de Proximus, suspendue mercredi, a repris jeudi matin. A la mi-journée, elle restait relativement stable, ouvrant à 22,99 euros puis baissant directement à l'ouverture, à 22,80 euros et remontant jusqu'à 23,89 euros.

Les syndicats opposés aux licenciements secs

A l'issue de la commission paritaire extraordinaire, les syndicats ont commenté les annonces de Proximus.

"Le management n'a ni dit ni pas dit qu'il y aurait des licenciements secs. Il a évoqué des départs "socialement acceptables". Pour nous, cela ne peut être que des départs volontaires. Les licenciements secs, c'est hors de question; nous n'en discuterons même pas", déclare Jean-Claude Philippon, président du SLFP Proximus.

Même son de cloche aux syndicats socialiste et chrétien qui s'opposent aux licenciements secs. "Je pense qu'il y aura un mix de licenciements, de départs volontaires et de RCC (prépensions), estime Stéphane Daussaint, le responsable de la CSC Transcom Proximus. Le permanent syndical signale que les premiers départs auront lieu à la fin de l'année. Ils se poursuivront en 2020 et en 2021.

La phase d'information et de consultation de cette procédure de licenciement collectif commencera le 15 janvier, pour s'achever le 30. "Nous avons volontairement demandé à ce qu'elle arrive vite et qu'elle soit courte, afin d'éviter une longue période d'incertitude et d'inquiétude pour le personnel", précise Jean-Claude Philippon. Les négociations sociales à proprement parler débuteront dans la foulée.


Mettre à contribution les actionnaires

Concernant le plan d'économie de 240 millions d'euros, les trois syndicats plaident pour que l'entreprise demande un effort aux actionnaires. "Le personnel ne doit pas être le seul à supporter ce plan de transformation", dit Stéphane Daussaint. "Si on réduit le dividende de 20 centimes, cela permettrait de faire 70 millions d'euros d'économies", souligne Jean-Claude Philippon.

Suite à cette annonce officielle de la restructuration chez Proximus, des débrayages spontanés pourraient survenir au sein de l'entreprise. Les syndicats n'appellent pas à des arrêts de travail mais ils couvriront leurs affiliés qui choisiraient de faire grève. Vers midi, le SLFP signalait quelques arrêts de travail chez les opérateurs de call centers.