C’est une tradition : à chaque nouvelle saison, c’est sur un vaudeville que se lève le rideau du Théâtre des Galeries à Bruxelles. Et tant qu’à faire, autant miser sur une des valeurs sûres du genre. C’est Ray Cooney, - l’auteur du "Vision voyageur" - qui a signé ce "Panique au Plazza" présenté ici dans l’adaptation de Christian Clavier et Jean-Marie Poiré. Autant dire que Bernard Lefrancq qui signe la mise en scène, s’en est donné à cœur joie : on est dans les portes qui claquent (et même les fenêtres), les amants (et même les cadavres) dans les placards, les pantalons qui tombent sur les chevilles (quand ils ne disparaissent pas totalement !), etc.

Beaucoup d’échanges, beaucoup d’animation et donc pas moins d’une dizaine de personnages sur scène pour gérer un énorme imbroglio.

Au centre de tout cela, un ministre du gouvernement Ayrault (et oui, on est en France), Philippe Coïc (avec un "C" au début et à la fin !). Un ministre amateur d’aventures légères (incarné par Pascal Racan) et qui pour la cause, a réservé une nuit au Plazza en compagnie de l’épouse d’un membre de l’opposition (Maria del Rio). Evidemment, rien ne se passe comme prévu. Un cadavre débarque dans l’histoire. Pas question d’appeler la police, rapport au scandale Une seule solution, appeler à la rescousse le fidèle assistant du ministre Coïc, ce bon Jean-Louis Bonnot (Michel Poncelet).

Si le démarrage est un peu poussif, c’est réellement avec l’entrée en scène de Michel Poncelet que le piment de la pièce commence à produire son effet. Au point que celui qui ne devait tenir qu’un rôle secondaire dans l’affaire en devient, en fin de compte, le personnage central. Il faut dire aussi que le tandem Poncelet-Racan fonctionne à merveille. La complicité est d’une rare efficacité et les éclats de rires du public en sont le témoin.

Et dire que dans quelques semaines, c’est Antigone qui sera à la même place, sur la scène des Galeries !