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epuis plusieurs années, Jean-Denis Rouillon, médecin du sport au CHU de Besançon, persiste et signe. Pour lui, après une étude menée auprès de 330 femmes depuis 1997, celles-ci peuvent et devraient se passer de soutien-gorge. Ces quelques centimètres d’étoffe priveraient la poitrine de la pesanteur et dégraderaient les tissus suspenseurs, déjà fragiles, de cette partie du corps féminin. D’autres études rapportent également, depuis les années 30, qu’il existerait un lien entre l’augmentation du nombre de cancer du sein et le port de ce sous-vêtement. Alors, ces dames et demoiselles portent-elles le soutien-gorge par besoin ? Par convention sociale ? Ou sont-elles victimes de la mode ?

Au fil des époques, la lingerie féminine s’est véritablement métamorphosée. Depuis l’apparition des corsets, qui emprisonnaient le buste, jusqu’à aujourd’hui, les matières ont évolué et les seins se portent de manière différente. De 1910 à 1950, le soutien-gorge était ainsi utilisé pour sculpter artificiellement la silhouette. Ensuite, le corps féminin s’est libéré, laissant plutôt place au côté esthétique de la lingerie.

45 pièces différentes

Pour Anne Van Coppenolle, coach lingerie styling chez Van de Velde, le soutien-gorge est indispensable. "La poitrine est constituée de tissus adipeux et de glandes. Il n’y a donc pas de muscles pour la maintenir. Nos seins ne peuvent pas se supporter eux-mêmes. Notre poitrine a besoin d’un peu d’aide", explique-t-elle. Mais pour qu’il soit réellement utile, il doit être confortable et surtout adapté à la morphologie de chacune. Selon une étude réalisée par la lingerie Van de Velde, sept femmes sur dix n’optent pas pour la bonne taille. Et les conséquences peuvent être dommageables pour le corps. "Les femmes doivent être conscientes que porter un soutien-gorge adapté et de bonne qualité est essentiel. Régulièrement, le tour de dos est trop large. Et pourtant, c’est lui qui soutient 80 % de la poitrine. S’il est inadapté, la poitrine tend à s’affaisser et les bretelles du soutien-gorge vont couper les épaules. La profondeur du bonnet doit également être à la bonne taille. Il ne peut pas couper la poitrine, mais ne doit pas non plus être trop large", conseille Anne Van Coppenolle. L’avis d’un expert est donc primordial lorsqu’une femme entre dans une boutique de lingerie. Un soutien-gorge n’est pas un autre. Pour qu’il soit dit "de qualité", il nécessite 45 pièces différentes. Car outre l’aspect confort, l’esthétique joue également un rôle clé dans le choix : "Le soutien-gorge est aussi la base de nos vêtements. On peut, par exemple, porter une très belle robe, mais si la lingerie n’est pas adaptée au modèle de cette robe, l’effet ne sera pas aussi pétillant", illustre la coach qui ajoute que "les femmes réalisent enfin que porter un bon soutien-gorge, c’est plus que le fait de porter de la lingerie. C’est être femme et montrer qu’on est femme. En être fière et se sentir bien".

Pas si inutile, donc, cet objet de confort, de style, et d’affirmation de la féminité