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On ne se refait pas. La revue des Galeries reste la revue et les amateurs du genre ne seront pas déçus. Ils y retrouveront les incontournables pieds de nez que réinvente chaque année cette joyeuse bande de vieux collégiens qui occupe la scène. Il y a en pour tous les goûts, comme à chaque fois, pour le meilleur... et pour le pire aussi. Mais cela fait partie du genre. Et cette année encore, Bernard Lefrancq confirme son rôle d’animateur de la troupe en délire avec une actualité belge qui, somme toute, prête toujours à rire.

Pourtant, avec le chef de bande, David Michiels, les Galeries ont tenté de négiocier un nouveau virage pour cette édition 2012-2013. On a comme l’impression que le spectacle (et même le spectaculaire) prend cette fois le dessus sur la gaudriole et le comique. Il y a d’abord ces nouveaux effets scéniques : cet écran géant où se projettent des images bucoliques ou franchement poétiques... Voilà qui surprend à première vue, mais tout cela fait partie d’un ensemble de jeux de lumières qui, il faut le reconnaître, relèvent de plusieurs crans la qualité graphique de la scène. Et cela vaut en particulier pour les chorégraphies qui, décidément, gagnent chaque année en qualité et en élégance. On est loin des pas de danse maladroits de la première heure. Cette fois, on est dans le professionnel et cela permet en fin de compte aux amuseurs d’être plus à l’aise dans ce pour quoi on les attend : faire rire.

Il faut souligner aussi le retour de Maria Del Rio après quatre années d’éclipse qui n’ont en rien affecté sa silhouette élancée au point que le rôle de meneuse de revue qu’elle assume désormais lui va parfaitement. Un nouveau venu aussi sur le devant de la scène, Fabian Le Castel prend la relève de Richard Ruben et d’André Lamy dans la fonction d’imitateur. Du talent sans doute, mais un manque d’assurance perce encore tout tant sur le fond que sur la forme. Certes, il a de la voix. Il ne lui manque que les paroles... Il est vrai que c’est manifestement ce qui semble le plus difficile à gérer dans ce genre.

Pour le reste, on aura évidemment droit à Di Rupo en néerlandais, à Bart De Wever amaigri et même au retour de Michel Daerden, deux petites ailes d’ange sur le dos... Mais - peut-on le dire ? - c’est le trio Albert II, Philippe et Fabiola qui bat tous les records à l’applaudimètre.

Bruxelles, Galeries, jusqu’au 3 février, à 20h15 (la plupart des dimanches, certains samedis et mercredis aussi à 15h). Durée : 90 minutes De 10 à 24 € (réveillon: 36 à 47 €). Infos & rés. : 02.512.04.07, www.trg.be