Dans les prisons belges, les signaux sont au rouge. Se basant sur des chiffres livrés par la direction générale, les syndicats craignent que le nombre de détenus dépasse la barre des 11 000 avant la fin de l’année.

De quoi attiser les tensions régnant dans des établissements pénitentiaires par ailleurs souvent vétustes.

On sait qu’un tiers au moins de la population carcérale est composée de personnes en détention préventive.

Même s’ils s’en défendent, des juges d’instruction utilisent cette forme de détention comme moyen de pression sur un inculpé, voire comme peine avant la lettre, autrement dit comme peine de substitution à celle que le juge du fond pourrait être amené à (ne pas) prononcer.

C’est une forme de détournement du sens de la loi dénoncée régulièrement par divers acteurs du monde judiciaire.

L’un d’eux vient de faire entendre sa voix au nom de la Ligue des droits de l’homme. Auditionné par la commission justice du Sénat dans le cadre de la discussion portant sur l’assistance d’un avocat à tout suspect interrogé par la police ou le magistrat instructeur, Me de Beco plaide pour une réforme en profondeur de la détention préventive. Il lance des pistes intéressantes, même si certaines de ses suggestions au sujet du rôle à attribuer au juge d’instruction risquent de faire grincer des dents.

Le débat doit en tout état de cause être ouvert par le futur gouvernement, car il concerne la bonne administration de la justice en ce pays et une gestion plus saine de l’enfermement des citoyens.