Mittal : l’heure de vérité !

Lemaire Isabelle

Atterrissage

Le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), l’avait annoncé au sortir de la dernière réunion plénière de la task force le 29 mai : des négociations avec la direction générale du groupe Mittal auraient lieu prochainement. Cette ou ces rencontres se sont bien déroulées ces derniers jours, dans la plus grande discrétion.

Le but, pour le ministre, était de tenter de ramener la direction d’ArcelorMittal à de meilleurs sentiments vis-à-vis du bassin liégeois. En clair, éviter le crash à tout prix et limiter la casse sociale en essayant de maintenir quelques lignes de la phase à froid supplémentaires (on évoque, sans garantie, la LP2 de Ramet, la Galva 5 de Flémalle ou encore la HP4 de Marchin). Ce plaidoyer sous-entend qu’aucun repreneur n’a été trouvé pour les sites liégeois, un scénario largement prévisible.

Le ministre souhaitait dans un second temps qu’une réunion tripartite entre la direction, les syndicats et lui-même s’organise dans la foulée. C’est chose faite puisqu’on apprend de bonne source qu’une rencontre est prévue ce vendredi ou lundi au plus tard. Le cabinet Marcourt se refuse à tout commentaire sur la question et indique que la presse sera tenue à l’écart de cet entretien.

La cokerie est au menu

De plus, l’info publiée dans la Libre du 4 juin concernant le fait que la cokerie d’Ougrée avait trouvé un repreneur se confirme. Si l’acte de vente n’a pas encore été signé, des représentants de la société minière Niagara Mining, futur copropriétaire puisque Mittal souhaite garder une participation financière dans l’outil, ont rencontré le ministre de l’Environnement Philippe Henry (Ecolo) en début de semaine.

Lors de cette réunion, à l’initiative du ministre Marcourt, les repreneurs ont posé une série de questions au sujet des contraintes liées au permis d’exploitation, au décret sol, etc. Le permis de la très polluante cokerie court jusqu’en 2022 et Niagara Mining souhaite le prolonger pendant 30 ans au-delà de cette date. Des investissements d’ordre environnemental seraient prévus, à hauteur d’au moins 135 millions d’euros.Isabelle Lemaire