Une comédie arty-ficielle

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Denis Fernand

Insupportable. Cette Frances est in-sup-por-ta-ble. La scène de rupture inaugurale se veut marrante et originale, elle est juste agaçante et bancale. Le pire, à la fin, c’est qu’on comprend qu’on va se colleter cette fille pendant 1h30, qu’elle va nous minauder, en toute fausse modestie, ses états d’âme d’artisteke. Car, à l’évidence, Greta Gerwig - qui incarne Frances et a écrit le scénario -, se prend pour Woody Allen. Elle l’affirme en noir et blanc, en filmant New York à la manière de Mr Manhattan période "Annie Hall", sa grande sœur, en somme : elle est Frances Ha qui a laissé tomber ses 2 "l". De fait, ça vole bas, les platitudes d’un petite snob qui se la pète en citant la Nouvelle Vague, en empruntant la musique de George Delerue, en pompant le travelling "Bowie" du "Mauvais sang" de Carax. En soi, être terriblement agaçante n’est pas un défaut insurmontable, Julie Delpy l’est aussi parfois, mais elle dégage un tel charme que ça passe. Greta Gerwig ne dégage que prétention et pose chichiteuse.

Quelle déception aussi que ce Noah Baumbach. Ce pote de Wes Anderson nous avait bluffé avec son "Les Berkman se séparent" ("The Squid and the Whale"). De la graine de tout grand, semblait-il, mais depuis "Margot va au mariage", il a fallu déchanter avec des petites choses très fades. Greta Gerwig, avec ses états de danseuse qui ne danse pas, le fait désormais passer pour un branchouille. Un film très arty, comme on dit. Arty-ficiel, surtout.

F.Ds

Réalisation : Noah Baumbach. Scénario : Greta Gerwig, Noah Baumbach. Avec Greta Gerwig, Mickey Sumner, Adam Driver… 1h26.