Et les trois petits cochons

Et les trois petits cochons
Denis Fernand

Ça commence bien. Sauf pour leur maman, bien évidemment, victime d’une troisième attaque cardiaque. Ses trois fils chéris se précipitent à la clinique, où le médecin qui les accueille se rappelle avoir été aux scouts avec eux et de vouloir réveiller les bons souvenirs.

Il est joué par Denis Podalydès, on est à Versailles, on voit de suite les possibilités de niveaux de comédie se mettre en place. Le niveau rencontre de talents comiques : Benoît Poelvoorde, Fred Testot et Kad Merad. Sur lequel vient se superposer le niveau complicité cinéphile. Sur lequel vient se superposer le niveau relecture du conte classique des trois petits cochons avec l’aîné dans un hôtel de maître, le second dans une maison en bois, et le petit dernier dans un chantier en paille cerné par les échafaudages.

On n’attend plus que le grand méchant loup, qui arrive en robe à fleurs sur une Vespa pour tourner une pub au château de Louis XIV. Un spot habilement mis en scène, et voilà le frère n°2 (en bois) complètement allumé.

Quel démarrage foudroyant ! Mais ce ne sera qu’un feu de paille, comme ce qui attend le couple du frère n°3. Et l’aîné n°1 ? Sa pierre de bourgogne restera-t-elle sans tache ? Ça en touche une sans faire bouger l’autre, comme dirait un célèbre buveur de Corona.

C’est qu’après le feu d’artifice du début, se déploie une pièce de boulevard plan-plan. En dépit des efforts de modernisation du duo de réalisateurs, Charlet et Lavaine, pour moderniser un peu avec une construction à la Iñárritu, les conversations imaginaires avec la mère dans le coma, un trio d’acteurs dans son élément. Mais au bout du conte, on s’interroge sur l’intérêt de cette copie française des "3 p’tits cochons’, un succès québécois. Question qu’on se reposera dans quelques mois avec "Starbuck" adapté, lui aussi, du travail de Patrick Huard.

F. Ds

Réalisation : Nicolas Charlet, Bruno Lavaine, d’après le film de Patrick Huard et Claude Lalonde. Avec Benoît Poelvoorde, Fred Testot, Kad Merad, Charlotte Le Bon… 1 h 47.