Cache-cache à la ferme

Cache-cache à la ferme
Denis Fernand

Un costaud soulève un vieillard sans force, s’abandonnant de tout son corps. Un aide-soignant ?

Un bon quart d’heure et trois phrases plus tard - le temps de déménager le vieux monsieur à l’étage -, on comprend que c’est son fils. Quand, il ne regarde pas par la fenêtre, le gaillard se cache aussitôt qu’un véhicule s’approche de la ferme, le camion de la laiterie en l’occurrence. Vingt minutes passent. Le lendemain, Pépé a droit à sa douche - serait-ce "Amour" à la hollandaise, entre un père et son fils ? - et le camion de laiterie revient.

On entrevoit dans le non-dit des quatre phrases entre le chauffeur et le fermier que le beurre ne sert pas qu’aux tartines et que le lait a tourné entre eux. Le temps -compter 20 minutes- de regarder par la fenêtre, de changer les draps du pépé -pas un commode le vieux, ce serait plutôt "La haine" qu’"Amour" finalement- et un jeune garçon pointe à l’horizon…

Marseille, capitale culturelle, a lancé le festival du film chiant. Nanouk Léopold doit absolument s’inscrire, le bâillement d’or ne peut lui échapper. Car non seulement "Boven is het stil" est chiant, mais il n’est même pas beau, à l’exception du premier plan du générique, façon Terrence Malick.

Néanmoins "Boven is het stil" peut se révéler très efficace pour tester des fauteuils. Il suffit de le projeter pour chronométrer le temps nécessaire pour avoir mal aux fesses. On le recommandera donc aux exploitants de salles et à ses meilleurs ennemis.

F. Ds

Scénario & réalisation : Nanouk Leopold (d’après le roman de Gerbrand Bakker). Avec Jeroen Willems, Henri Garcin, Wim Opbrouck… 1 h 33.