Le super-héros est fatigué

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Heyrendt Hubert

Retranché dans la montagne, quelque part à la frontière américano-canadienne, Logan a tourné la page Wolverine. Chaque nuit, ses cauchemars lui rappellent qu’il a tué la femme qu’il aimait, Jean Grey, alias Phénix (Femke Janssen), qui revient le hanter sans cesse. Survivant en loup solitaire hirsute aux côtés d’un brave grizzli, il va devoir reprendre du service quand il est retrouvé par Yukio, jeune Japonaise envoyée par Shingen Yashida pour le ramener à Tokyo. Sauvé par Wolverine durant l’apocalypse nucléaire de Nagazaki en 1945, ce dernier lui propose, sur son lit de mort high-tech, un marché : échanger son immortalité, pour que Yashida puisse vivre et Logan enfin se reposer…

Sixième volet des "X-Men" au cinéma, "The Wolverine " met, pour la seconde fois après "X-Men Origines : Wolverine", l’accent sur le personnage le plus populaire de la saga, héros Marvel apparu pour la première fois en 1974 à la dernière page d’une aventure de "Hulk". Et, pour la sixième fois, c’est Hugh Jackman qui endosse les habits de Wolverine, avant de sortir à nouveau les griffes l’année prochaine dans "X-Men : Days of Future Past", qui verra Bryan Singer reprendre du service, lui qui avait signé les deux premiers volets de la trilogie originelle et relancé le comics au cinéma.

Singer avait d’ailleurs été pressenti pour réaliser cet épisode japonais, tout comme Guillermo Del Toro ou Darren Aronofsky. C’est finalement James Mangold qui s’y est collé. Un nouveau défi pour le réalisateur de "Cop Land", "3 h 10 pour Yuma" ou "Walk the Line", pas vraiment adepte de ces grosses productions… Mangold se prête néanmoins au jeu de bonne grâce. S’il ne parvient pas vraiment à imposer sa patte dans les innombrables scènes de combats (surtout dans la dernière partie, impossible), il se montre plus à l’aise dans les scènes plus intimes et dans l’hommage aux films de samouraïs.

Dans cette aventure nipponne, Wolverine est en effet présenté comme un rônin, un samouraï sans maître. Un guerrier errant, ni bon, ni mauvais, combattant pour lui-même. Et ici en l’occurrence pour la belle Mariko Yashida, dont il a promis à son grand-père qu’il la protégerait. Aussi bien contre son père et de puissants yakuzas que contre la vénéneuse Viper et sa bande de samouraïs noirs.

Très convenu, "The Wolverine" peine à intéresser, la faute à un scénario sans surprise mais surtout sans enjeux réels. Le combat intérieur de Wolverine contre sa propre mortalité, sa fragilité et le passé qui le hante ne suffit à faire un film. Reste le grand spectacle.H. H.

Réalisation : James Mangold. Scénario : Mark Bomback, Scott Frank&Christopher McQuarrie. Photo : Ross Emery. Musique : Marco Beltrami. Avec Hugh Jackman, Famke Janssen, Tao Okamoto… 2 h 10.