Un cri de liberté

Heyrendt Hubert
Un cri de liberté

Kurdistan irakien, 1990. Dana, 10 ans, et son frère Zana, 6 ans, n’aiment pas Saddam Hussein et ses soldats. Et pour cause, ils ont perdu leurs parents durant la première guerre du Golfe. Comme tous les enfants, ils jouent au football, traînent avec les copains et ont des rêves… Le rêve de ces deux orphelins ? Quitter leur village poussiéreux pour s’envoler vers les Etats-Unis, dont ils peuvent goûter la liberté rien qu’en posant les lèvres sur une bouteille de Coca-Cola… Quand "Superman" débarque dans le cinéma local, c’est décidé : ils le rejoindront en Amérique pour qu’il vienne les aider à se débarrasser de Saddam et ressusciter leurs parents… Juchés sur leur âne Michael Jackson, ils prennent la route. Mais, au fait, c’est par où l’Amérique ?

En 2010, le cinéaste irakien installé en Suède Karzan Kader avait déjà raconté cette histoire dans un court-métrage homonyme. Après un polar mettant en scène l’immigration en Suède, il retravaille avec "Bekas" cette aventure que l’on sent très personnelle, dans un film plein de vie. Le rêve d’évasion de ces gamins, on devine qu’il a été le sien. Que lui aussi a cherché à fuir un pays miné par la guerre et la dictature.

Pour autant, Kader ne signe pas un drame plombé. L’improbable parcours de Dana et Zana sera évidemment difficile, bourré d’embûches. Mais leur périple se fait dans la bonne humeur, avec cette naïveté enfantine qui apporte sa coloration au film. Laquelle peut aussi, par moments, se révéler agaçante dans le simplisme qu’elle implique dans le traitement de questions complètes. "Bekas" n’en reste pas moins une jolie fable sur le besoin de liberté et la nécessité de suivre ses rêves pour conjurer son sort.

H. H.

Scénario&réalisation : Karzan Kader. Musique : Juhana Lehtiniemi. Photographie : Johan Holmqvist. Musique : Juhana Lehtiniemi. Avec Zamand Taha, Sarwar Fazil… 1 h 37.