La baignade dans une carrière est toujours très dangereuse

Stagiaire
Dour Festival 2006 : bassin d'une carrière où un jeune de Flandre occidentale est décédé par hydrocution en voulant sauter dans l'eau.
Dour Festival 2006 : bassin d'une carrière où un jeune de Flandre occidentale est décédé par hydrocution en voulant sauter dans l'eau. ©Benoit Vanzeveren

Tentation

Avis aux baigneurs aventureux. Nager en carrière est dangereux. Jeudi soir à Floreffe, un homme l’a une nouvelle fois appris à ses dépens. Après avoir plongé dans l’eau à proximité des rochers, il a perdu connaissance. L’intervention a nécessité la présence de 25 pompiers, due en grande partie à la difficulté d’accès au lieu du problème.

A Floreffe ou ailleurs, ce genre d’incident est malheureusement fréquent. "Ce n’est pas un phénomène nouveau, explique André Bodson, bourgmestre de Floreffe (CDH). Il s’agit d’accès malaisés et empruntés. Certaines personnes outrepassent l’interdiction et cassent parfois les clôtures pour pouvoir passer et se baigner. Même si par de fortes chaleurs la tentation peut être forte, il faut rappeler que ces domaines sont souvent des propriétés privées et que la baignade est dangereuse à ces endroits."

Malgré ses efforts pour endiguer le phénomène, la commune doit faire face à ce genre de problème. "Nous mettons des interdictions et des clôtures, mais certains viennent les cisailler pour passer, regrette le bourgmestre. Certains sites représentent également un intérêt exceptionnel sur le plan de la faune et de la flore. Nous tentons via des rondes de police d’éviter le vandalisme et les problèmes d’alcool sur les domaines concernés, mais ce n’est pas évident."

Les raisons du danger

Plusieurs raisons peuvent être à l’origine d’incidents dans une carrière. "Le premier danger est la température de l’eau, déplore Marc Gilbert, président de la Fédération royale des corps de sapeurs pompiers de Belgique. En effet, l’eau des carrières est généralement une eau de source d’une température situées entre 18 et 20° C. Le risque d’hydrocution est donc potentiellement élevé. La profondeur de l’eau n’est également pas à sous-estimer. En carrière, elle oscille de 15 mètres de profondeur à Floreffe, à 70 mètres du côté de Mons, par exemple. Enfin, les grottes à l’intérieur même des carrières peuvent servir de lieu d’entraînement pour les plongeurs. Voilà pourquoi nous retrouvons une cabine téléphonique immergée à Floreffe, un hélicoptère dans les lacs de l’Eau d’Heure, ou même… un blindé à Vodelée."

Attention aux sanctions

Les carrières appartiennent généralement à un propriétaire privé. Se trouver sur les lieux peut donc occasionner des poursuites judiciaires. "Les gens qui se trouvent à ces endroits risquent de recevoir un procès-verbal pour infraction et pour effraction, poursuit Marc Gilbert. Pour que les pompiers puissent s’entraîner à plonger, par exemple, cela nécessite une autorisation du propriétaire qui demande une garantie qu’il ne sera pas impliqué en cas d’incident. N’importe quel plongeur a besoin de cette autorisation."

En conclusion, nager en carrière fait encourir des risques de sécurité, mais également de sanctions. Donc, même si la tentation est grande, ne prenez pas de risques inutiles. Th.B. (st.)