Boom des centres commerciaux

Vaute Paul

province de Liège

L’Union des classes moyennes (UCM) de la province de Liège avait déjà mené, les années précédentes, des enquêtes sur la situation des complexes commerciaux dans la région liégeoise. Elle remet le couvert cette année avec une cartographie portant sur l’année 2012 et cette question : "Les complexes commerciaux résistent-ils à la crise ?"

En 2011, tout comme en 2010, l’UCM avait noté que non seulement le nombre de demandes d’implantation pour des centres commerciaux était faible (38 en 2010 et 34 en 2011) mais que les promoteurs ne se bousculaient pas au portillon pour lancer de grands projets de ce genre. La création de nouvelles surfaces commerciales se concentrait surtout sur des moyennes surfaces ou des modifications de complexes commerciaux existants.

L’enquête démontrait aussi qu’en moyenne, les surfaces accordées étaient faibles (29000 m2 en 2010 et 27000 m2 en 2011) et elle relevait deux refus de permis : ceux de Décathlon et de Frun Park pour 30000 m2 à Ans.

En 2012, on constate un changement de cap. 41 demandes et près de 94000 m2 de nouvelles surfaces commerciales ont été accordées, soit trois fois plus qu’en 2011. Cinq projets se partagent 90 % des demandes : le Cristal Park et le Gastronomia à Seraing, le Roua shopping center à Awans ainsi que Crescend’eau et Au fil de l’eau à Verviers.

L’enquête de l’UCM montre que le secteur alimentaire reste le plus gros demandeur d’espaces commerciaux puisqu’il occupe près de 50 % des dossiers. Viennent ensuite l’équipement de la maison et le textile. "Il devient néanmoins de plus en plus difficile de se faire une idée précise sur la force des secteurs et plus encore des enseignes car les demandes introduites (dans les grands projets en particulier) sont de moins en moins précises, voire silencieuses sur la composition précise du mix-commercial. Apparemment, pour certains promoteurs, peu importe ce qu’on vend dans un complexe commercial pourvu qu’on obtienne le maximum de surfaces", précise-t-on à l’UCM. Les promoteurs se placeraient davantage dans une logique immobilière plutôt que commerciale.

En conclusion, l’UCM évoque une situation "guère nouvelle mais inquiétante car contraire à la volonté politique déclarée de mieux planifier le développement commercial en termes d’aménagement du territoire. C’est d’autant plus inquiétant que les outils de planification tant promis, le schéma régional de développement commercial notamment, tardent à être communiqués et mis en œuvre et que les schémas locaux restent lettre morte à défaut d’un outil plus contraignant pour les communes".I.L.