Full metal paupiettes

Full metal paupiettes
Fella Bruno

Alex chante comme quand il n’y a plus rien à vomir dans la cuvette des WC. Et s’il est blanc comme un linge, c’est que le Black Metal, c’est une affaire de décorum. Beaucoup de noir sur les yeux, bracelets cloutés, cheveux longs et tatouages celtiques ou sataniques. Le leader des Black MaKabés essouffle ses potes qui, eux, ne passent pas leurs soirées à prier Satan au grenier. Sans l’avouer à Alex, ils veulent retirer la prise de l’ampli de la remise, mais s’embarquent tout de même dans le combi du resto asiatique le "Bonheur-Fu", direction La Mecque des métalleux, le HellFest. Oui, ils vont passer sur la scène du festival et non plus, comme chaque été, dans un trou perdu du fin fond de la Roumanie ou de l’Ukraine. Hélas!, un malencontreux accident leur met les flics à dos. La fuite les mène à la fête des fraises d’un village ensoleillé où ils en sont réduits à jouer incognito de la pop en simili Beatles.

"L’opium du peuple, c’est la variété française", dans la bouche de Julien Doré (Alex), le chanteur mis sous les projecteurs par la "Nouvelle Star", ça a de quoi faire sourire. Profitons-en, on ne s’étouffera pas de rire avec cette comédie. A des années-lumière du chef-d’œuvre de la parodie Metal de Rob Reiner, "This is Spinal Tap", "Pop Redemption" est mou comme une paupiette. Pire, la sauce ne prend pas. La réalisation tient d’un mauvais Charlots - pas Chaplin, mais ceux qui chantaient justement "Paulette, la reine des paupiettes". On a pitié pour ces personnages attachants lancés dans un scénar famélique. Doré, s’il ne brille pas, tire tout de même sa barrette du jeu. Reste donc quelques sourires, nés de la confrontation entre le Metal hurlant et la France d’en bas.

B.F.

Réalisation : Martin Le Gall. Musique : Frank Lebon. Avec Julien Doré, Grégory Gadebois, Jonathan Cohen… 1h35.