Un beau soleil brabançon, le temps de la Joyeuse Entrée…

Laporte Christian

Maca brillant

Le Brabant flamand a dignement accueilli Philippe et Mathilde vendredi; son alter ego wallon ne pouvait être en reste : comme à Louvain, quelque 8 000 personnes ont participé avec d’autant plus d’enthousiasme à la Joyeuse Entrée que la province et la ville de Wavre avaient mis le paquet, la seconde offrant même les couleurs nationales en drapeau ou en drapelet à ceux qui le souhaitaient. Mais même sans cela, l’accueil du nouveau couple royal eût été enthousiaste dans le chef-lieu qui tout wallon qu’il fût se trouve à un jet de pierre de la frontière linguistique.

A leur arrivée, Philippe et Mathilde ont pu se rendre compte de l’ingéniosité locale, les élèves de l’Institut de la Providence les saluant sur l’air de… "Frère Jacques". Dès qu’ils eurent franchi la porte de l’hôtel du gouverneur, c’est une vraie institution musicale brabançonne qui leur souhaita la bienvenue : la Chapelle musicale Reine Elisabeth qui avait délégué deux (très) jeunes talents, la Slovène Zala Kravos et la Polonaise Milena Cuk qui étudient avec Maria João Pires. Une entrée en matière pianistique à quatre mains à l’image du programme de la Joyeuse Entrée piloté par la Province et la Ville de Wavre, les deux artistes étant parfaitement à l’unisson.

Répondant au vœu du Roi et de la Reine, pratiquement tous les bourgmestres étaient présents tout comme l’ancien gouverneur Valmy Féaux, le président de la Chambre André Flahaut et le ministre d’Etat Raymond Langendries. Par contre, le seul ministre de la région, André Antoine n’était pas présent, pas davantage que Louis Michel.

A la demande de la Reine, la gouverneure Marie-José Laloy avait aussi invité un groupe de dames très actives dans divers secteurs de la province qu’elle avait rencontré il y a quelques mois tout en y joignant les responsables des services de sécurité qui jouent un rôle de pointe tant pendant les moments heureux que graves du Brabant wallon. La jeunesse était aussi symboliquement très présente par l’accueil floral et gastronomique, ceux-ci étant respectivement assurés par les élèves des écoles provinciales de Court et de Wavre ainsi que par l’Institut de la Providence.

Mme Laloy rappela que "la jeune province" avait déjà un long passé et si elle cita un poème de Gaston Baccus vantant le "Roman Païs" de Brabant, elle rappela plus gravement que "si l’Europe a pu se déchirer, de Waterloo à Ramillies, elle a également pu y faire la paix et, par la suite, se construire ici" . Ce ne fut pas un hasard si "notre province fut aussi le lieu de résidence de Paul-Henry Spaak et Jean-Charles Snoy et d’Oppuers, tous deux signataires du Traité de Rome" …

A l’hôtel de ville, Charles Michel ne fut pas en reste, doublant son accueil d’un intéressant court-métrage de TV Com, la télé régionale brabançonne et le Studio L’Equipe sur la province. Le Roi y a, à coup sûr, reconnu quelques entreprises rencontrées lors de ses missions économiques…

Caresser les fesses du Maca

Après un contact avec ces forces vives régionales, c’était le moment pour Philippe et Mathilde d’aller à la rencontre de la population non sans sacrifier à la tradition locale de… caresser les fesses du Maca, le symbole wavrien, garantie de bonheur alors que du haut de l’église Saint-Jean Baptiste, la carillonneuse Audrey Dye lançait une fois encore l’hymne local : "Nous aimons notre bonne ville". Tant sur la place de l’hôtel de ville - où le Roi avait émis le vœu de rencontrer les "anciens" mais aussi d’apporter son soutien aux défavorisés de la vie qu’à la rue du Pont du Christ -, le public de tous âges clama son enthousiasme dans les… deux langues nationales. Logique même pour les élèves de "l’école des Petits Boulis" de Gentinnes : elle pratique l’immersion dès le plus jeune âge…

Dernière étape de la visite : le déjeuner de travail qui porta cette fois sur la cohésion sociale et le développement économique… Entre émotions et prise de responsabilités, c’est le Brabant wallon !

Christian Laporte