Pas seulement locale, l’élection communale

Piret Paul

Analytique

Elles étaient 1 012, fortes de 19 675 candidats, les listes à s’être présentées dans les 262 communes de Wallonie aux élections locales d’il y a un an. Est-ce cette multiplication, doublée de la disparité des situations, qui n’a que peu incité jusqu’ici la science politique à s’intéresser aux élections communales, alors que les singularités de terrain n’excluent nullement des dynamiques d’ensemble ? On l’a dit déjà ("La Libre" du 26/2/2013), dès une présentation en colloque, une équipe interuniversitaire (UCL, ULg, ULB) a entrepris de pallier ce certain vide, sur un modèle éprouvé en Flandre depuis 2000. Voici leurs investigations désormais en librairie (*), dont on ne peut que saluer qu’elles veulent inaugurer une série de recherches pérennes. Quelques chiffres, pour illustrer de quelles analyses il peut s’agir ?

- Sur lesdites 1 012 listes, 455 étaient "nationales". Les autres peuvent être distinguées en 208 listes locales, 137 alliances, 113 listes "quasi locales" et 99 "quasi nationales".

- En additionnant ces catégories, on peut jauger l’actuel rapport de forces dans les communes wallonnes à 32 % au PS, 22 au MR, 14 au CDH, 10 à Ecolo.

- L’électeur bruxellois a eu le choix entre 8 listes en moyennes, contre 4 pour le wallon.

- Près de quatre listes sur dix en Wallonie ont présenté, selon leurs dires, des "candidats d’ouverture". Les performances électorales s’en trouveraient améliorées de 5 à 7 %.

- La vie politique locale se professionnalise aussi, mais pas uniformément : la plupart des membres des collèges sortants se sont représentés comme candidats, contre seulement un conseiller sur deux.

P.P.

(*) "Les élections communales de 2012 en Wallonie", sous la direction de Régis Dandoy, Jérémy Dodeigne, Geoffroy Matagne et Min Reuchamps. Bruges, Ed. Vanden Broele, 198 pp., 25 €.