Les petits mouchoirs

Fella Bruno
Don Jon's Addiction-2908.cr2
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Jon Martello, en bon rouleur de mécaniques du New Jersey, caresse sa bagnole, fait le sourd lors des repas familiaux, astique son appart, se confesse à l’église, sue à la muscu en serinant ses Pater, se marre avec ses potos, lève de la minette et… se mate un porno. Le porno, c’est son meilleur moyen de se vider… la tête. Au garde-à-vous dès que l’ordi s’allume, il entame son cérémoniel qui se termine par un léger mouvement du poignet envoyant dans la corbeille l’inévitable petit mouchoir. Pourtant, "Don Jon" mérite son surnom, à chaque coup, il tire… son épingle du jeu et ramène sa poupée d’une nuit au bercail. Gorgé de fantasmes acrobatiques, il honore sa conquête la tête de nœud ailleurs, et redouble de satisfaction en enchaînant un solo en streaming. Un jour, il voit rouge : la robe d’une pouffe (une incendiaire Scarlett Johansson). Il s’abstient de se disperser en vain, et tente de se caser avec la bimbo. La belle mastique son chewing-gum comme une vache. Elle attend le prince charmant, lui regarde passer le train. Entre le branleur et la princesse de banlieue, le charme prend fin une nuit où la belle surprend son vice caché.

Ne serait-ce qu’à le voir gesticuler sur "Good Vibrations", de Mark Wahlberg, époque pectoraux, on le sent : Joseph Gordon-Levitt a le rythme dans la peau. Un atout pour la réussite d’une comédie. Et s’il grossit les traits de ses personnages, c’est pour mieux nous amuser, mais également nous mettre le nez dans nos "faiblesses". Que ce soit la vie fantasmée version Youporn ou à l’eau de rose avec "la jolie fille, le beau mec qui filent en bagnole vers le soleil couchant".

Sans le soutien des studios et avec un budget peanuts, Levitt a réussi à rassembler une distribution coulant de source. Scarlett Johansson n’a jamais été aussi "bonne", suintant la vulgarité d’une sainte-nitouche à la chique. Tony Danza (père du Don Jon) en bave, lui qui ne sert certainement plus madame, mais use brillamment son marcel devant la télé. Enfin, Julianne Moore, la milf rêvée (Mother I’d Like to Fuck) qui éveille Martello à une autre sensualité.

B.F.

Réalisation et scénario : Joseph Gordon-Levitt. Avec Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore, Tony Danza… 1h30.